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Economie

Pourquoi les concessionnaires vendent-ils certaines voitures à prix d’or ?


Il y a urgence pour les concessionnaires. Après deux mois de fermeture en raison du confinement, le marché de l’automobile s’est littéralement éteint, chutant de 88% en avril. Depuis le 11 mai, ces commerciaux ont rouvert leur porte, avec un stock important de voitures à écouler.

Face à cela, une solution s’impose : pratiquer des remises inédites. 30% sur certaines voitures, comme les Micra chez Nissan, décalage des premières mensualités comme chez Citröen, ou encore prime de 2500 euros ou plus pour l’achat d’un véhicule en l’échange d’un autre (ce que met en place Peugeot). En effet, marques et concessionnaires en viennent presque à brader certains de leurs produits, comme pour s’en débarrasser.

Pour cause, ils ont besoin de déstocker. Deux mois d’arrêt de vente et au moins 400.000 voitures neuves seraient aujourd’hui disponibles à la vente. Ce qui représente près de 10 milliards d’euros. Aujourd’hui, le stock de véhicules neufs chez les constructeurs représente un tiers de la production annuelle en France. «Habituellement, les stocks des concessions automobiles, c’est entre un et quatre mois», détaille Christophe Maurel, concessionnaire et président du métier des concessionnaires au CNPA (Centre national des professions de l’automobile).

L’importance du marche de l’occasion

«Ces stocks n’ont pas bougé en deux mois et il faut les écouler», explique-t-il, ajoutant en parallèle qu’en raison de la chute de production, il y aura toutefois un décalage de deux mois sur les stocks à venir. Et ce surplus coûte cher, confirme le professionnel, puisqu’il faut s’occuper de l’entretien, de l’assurance ou encore du parking. Surtout en région parisienne où les prix sont plus élevés.

Depuis le 11 mai, une lueur d’espoir a tout de même émergé chez les concessionnaires, qui appréhendaient cette date. «C’était soit l’un soit l’autre», explique Christophe Maurel. Comprendre : reprise ou effondrement. Aujourd’hui, il assure qu’il y a peu d’annulations de commandes, de quoi tirer un bilan positif de ces premiers jours, malgré la fragilité persistante du marché.

«Pour nous, il faut que le marché de l’occasion soit fluide, car 60% des ventes s’effectuent par une reprise de véhicule», reprend l’expert. Il explique qu’avec environ 500.000 véhicules d’occasion sur le marché, en plus des véhicules qui seront prochainement repris contre l’achat d’une voiture neuve, c’est précisément ce secteur qui devra fonctionner pour aider à l’écoulement des surplus.

C’est pour cela que les voitures d’occasion sont particulièrement visées par les rabais. «Une voiture qui est immatriculée depuis octobre, même avec zéro kilomètre au compteur, est quand même une voiture d’occasion», explique Christophe Maurel. Elle fait donc l’objet de rabais, parfois importants, car la valeur de ces voitures baisse de jour en jour. Concessionnaires et marques ont alors tout intérêt à les vendre rapidement.

En revanche, un véhicule en magasin depuis le 17 mars, mais non immatriculé, n’a pas pris une ride en deux mois. Celui-ci ne sera a priori pas concerné – ou dans une moindre mesure – par ces remises. Christophe Maurel rappelle en outre que le marché automobile est «très agressif», ce qui mène naturellement à une forte concurrence au niveau des prix. Tout cela a un coût pour les marques, comme pour les concessionnaires. D’un côté, la valeur du véhicule baisse avec les ristournes, de l’autre, les marges fondent. «Si on reprend, c’est qu’il faut bien revendre», conclut le concessionnaire.



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