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Economie

Pourquoi les cours à distance ont-ils si mal commencé?


Les premières heures de cette semaine de cours à distance pour les lycéens et les collégiens tournent au fiasco national pour des raisons techniques.

Après un an de télétravail, les parents de collégiens et lycéens espéraient un dispositif bien huilé pour commencer cette première semaine de cours à distance. À la place, c’est une pagaille généralisée qui les attendait, avec des explications au compte-goutte. Et pour cause, la panne a au moins deux origines. Tout dépend de la plateforme sur laquelle les cours sont donnés.

Celle du CNED, pour Ma Classe à la Maison, aurait été victime d’une attaque informatique, dite en déni de service (DDOS), selon les affirmations du ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer. Une explication contestée par plusieurs acteurs du secteur et qui pose malgré tout de nombreuses questions sur les mesures prises pour protéger ce service de telles attaques, alors qu’elles sont très fréquentes. Elle interroge aussi du bon dimensionnement des serveurs. Il était pourtant prévisible que les demandes de connexions explosent avec l’intégralité des élèves français ayant cours à distance. C’est apparemment ce second point qui a entraîné le plus de difficultés.

Comme un problème n’arrive jamais seul, les Espaces numériques de travail, ENT, piloté par les régions, sont aussi tombés face à l’afflux de connexions. C’est le cas en île de France, dans les Hauts-de-France, en Occitanie…

Un afflux de connexions mal anticipé

Une partie de l’infrastructure de certains ENT est hébergée dans des serveurs OVHCloud à Roubaix. Un «petit incident» serait survenu ce matin, avant l’ouverture des cours, et aurait été rétabli sans plus de conséquence. «Nous accompagnons nos clients dans le déploiement d’infrastructures complémentaires», explique-t-on chez OVHCloud. De plus, toutes les ENT qui ont connu des difficultés ne sont pas chez OVHCloud.

L’origine du sinistre serait donc ailleurs. Un autre prestataire est montré du doigt: Open Digital Éducation. Il est le point d’entrée de plusieurs ENT et aurait sous-estimé le «choc» à encaisser, «les pics de charge». La semaine dernière 90.000 élèves se sont connectés en ligne en Île de France, contre 400.000 ce matin, ce qui explique une partie des difficultés. «C’est comme faire un Paris-Bordeaux, avec le plein pour aller jusqu’à Tours seulement : ça ne marche pas», explique une experte du secteur.

La Région Île-de-France pensait pourtant avoir pris toutes les précautions nécessaires pour passer la semaine sans difficultés. La région a doublé ses capacités pour faire face à un triplement des connexions. Les budgets sont aussi passés de 1 à 2 millions d’euros. La Web conférence, pour que les cours puissent être faits en ligne, a aussi été créée. Mais c’était sans compter le nombre de connexions et le fait qu’aux élèves connectés il faut ajouter les parents qui, soucieux de veiller à ce que leur progéniture travaille bien, sont venus s’ajouter aux flux de demandes.

Rétablissement progressif

Peu à peu, la situation se normalise. À midi mardi, l’ENT en île de France pouvait accueillir 250.000 élèves, mais 15.000 étaient encore privés de connexion.

Certains établissements échappent au désastre, mais le coup est dur à encaisser pour la French Tech. Les groupes scolaires privés qui ont choisi de basculer les cours en ligne sur Teams, le service de Microsoft, n’ont aucune difficulté. Néanmoins, Pronote, dont la maison-mère a été rachetée par La Poste, n’a pas rencontré de difficultés. En revanche, dans certains établissement, l’accès à Pronote ne se fait pas en direct mais via un ENT. Et quand ce dernier ne fonctionne pas…. rien ne fonctionne !



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