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Finance

Pourquoi Société Générale a choisi de vendre son ancienne pépite Lyxor



Publié le 7 avr. 2021 à 13:08

C’était l’une des pépites de Société Générale, une de ces activités qui ont forgé sa réputation de banque innovante dans la finance. Le groupe a annoncé ce mercredi qu’il entrait en négociation exclusive avec le gestionnaire d’actifs Amundi pour lui céder sa filiale de gestion Lyxor, au prix de 825 millions d’euros. Et ferme ainsi un chapitre de son histoire, ouvert il y a 23 ans.

Lyxor est né en 1998 au sein de la banque de La Défense. A l’époque, celle-ci joue un rôle pionnier dans la gestion d’actifs avec la création de la première plateforme de comptes gérés alternatifs. Elle participe notamment à l’émergence et au succès du marché des fonds indiciels cotés (ETF) et de la gestion passive au sens large.

« Lyxor a contribué à l’image de dynamisme, d’innovation et d’ingénierie financière qui a longtemps caractérisé la Société Générale », témoigne Nicolas Darbo, associé au cabinet de conseil Accuracy. Sa « tradition d’ingénierie et de recherche » est d’ailleurs régulièrement mise en avant dans les rapports financiers de la banque.

Des débouchés significatifs

Sans être un moteur essentiel à la génération de revenus pour la banque de financement et d’investissement (BFI) du groupe, la société de gestion faisait partie « du patrimoine génétique de Société Générale », comme le rappelle un dirigeant. Elle a longtemps offert des débouchés significatifs pour d’autres activités de marchés, comme les produits dérivés.

« Dans les années 2000, Lyxor faisait quasiment office de desk au sein même de l’activité dérivés de Société Générale, se souvient un bon connaisseur du secteur. Ce n’est plus le cas depuis longtemps ».

Son influence au sein du groupe a décliné depuis 2010 et la fusion des activités de gestion d’actifs (SGAM) avec celles de Crédit Agricole pour créer la société Amundi – son nouveau propriétaire. Elle a aussi subi les multiples restructurations qui ont émaillé la vie de la banque au cours de la dernière décennie.

Après avoir ouvert plusieurs bureaux à l’étranger, notamment aux Etats-Unis à la fin des années 2000, Lyxor a été contraint de progressivement se recentrer, en cédant par exemple sa filiale britannique à Tikehau en 2016.

Concurrence intense

La société de gestion a perdu du terrain ces dernières années, sur un marché convoité par un nombre croissant d’acteurs, comme l’américain BlackRock . De 9,3 % à fin 2016, sa part de marché dans les ETF en Europe est tombée à 7,9 %, ce qui en fait le numéro trois du secteur.

En 2020, le produit net bancaire de Lyxor a certes augmenté de 3,5 %, à 207 millions d’euros, révèle le rapport annuel de Société Générale. Mais cette hausse est portée « par un niveau élevé de commissions de surperformance », après le rebond des marchés boursiers, davantage que par la dynamique commerciale de la société. Et l’activité demeure peu rentable.

L’an dernier, ses encours gérés (hors actifs conseillés) ont reculé de 149 à 140 milliards d’euros, à rebours de la hausse observée chez la plupart de ses grands concurrents.

Lyxor continuera à vivre et à se développer chez Amundi. Pour Société Générale, c’est un nouvel élément de son identité qui s’éloigne. L’an dernier, après avoir encaissé de lourdes pertes sur les marchés, elle avait déjà dû réduire la voilure dans sa division de produits structurés , qui a longtemps fait sa fortune et sa réputation. Pour la banque, l’heure est venue de s’imaginer un nouvel avenir.



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