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Economie

Première sortie en mer pour la Lorraine, dernière grande frégate française


Première mise à l’eau en vue pour la Lorraine, la dernière de série du programme de frégates multimissions françaises (FREMM). Une cérémonie présidée par Florence Parly est organisée, ce vendredi à Lorient, pour marquer cette étape clef, qui ouvre la voie aux essais en mer, avant la livraison prévue en 2022 à La Marine. Comme sa sœur jumelle, l’Alsace, qui entrera en service en 2021, la Lorraine est dotée, en plus de capacité de lutte sous-marine, de capacités aériennes renforcées.

Avec l’Alsace et la Lorraine, la Marine française retrouvera son format à 4 frégates, dans le domaine de la défense anti-aérienne, actuellement assurée par les frégates d’ancienne génération, le Forbin et le Chevalier Paul, depuis la mise à la retraite du Cassart en 2019 et du Jean Bart en 2021.

30 millions d’heures de travail pour 10 FREMM

Avec la Lorraine, le programme FREMM s’achève. Le contrat, signé en novembre 2005, prévoyait à l’origine la construction de 17 navires. Une cible révisée à 8 bateaux pour un montant de 8 milliards d’euros. Dans un rapport de 2017, la Cour des comptes avait dénoncé une dérive de 67% du coût du programme, dû principalement à la réduction de la commande. Au total, Naval Group aura construit 10 FREMM car deux exemplaires ont été vendus à l’exportation à l’Égypte et au Maroc.

Au total, la construction de ces 10 navires de 142 mètres de long, déplaçant 6000 tonnes à pleine charge, avec un équipage de 118 marins hors détachement hélicoptères pour les FREMM de lutte aérienne et 109 marins pour les autres, aura assuré le plan de charge du chantier de Lorient. Chaque FREMM a nécessité 2,7 millions d’heures de travail, soit près de 30 millions au total. Depuis la fabrication de la première pièce en 2007, ce sont 600 à 700 salariés de Naval Group et de la trentaine d’entreprises sous-traitantes qui travaillent chaque jour pour le programme. Au total, les FREMM ont généré de l’activité pour 2000 entreprises, fournisseurs et sous-traitants, dont 1700 ETI et PME.

Une charge de travail suffisante ?

Se pose désormais la question du plan de charge futur du chantier de Lorient. «La suite est assurée par le programme des frégates d’attaque et d’intervention(FDI) dont les livraisons s’étaleront de fin 2023 à fin 2029», précise-t-on au Ministère des Armées. «Si d’autres FREMM sont vendus à l’exportation, Lorient les prendra en charge», ajoute l’Hôtel de Brienne.

Naval Group estime que la construction des 5 FDI commandés par la Marine française, permettra de lisser le trou de production créé par la fin du programme FREMM. La découpe de la première tôle de la toute première FDI a été réalisée en décembre 2019. De quoi rassurer les salariés et le bassin d’emplois de Lorient.

Mais comme les FDI sont des navires moins grands et moins lourds – 122 mètres et 4500 tonnes à pleine charge – certains familiers du chantier estiment que la charge de travail n’est pas suffisante. «Nous étudions finement la question du point d’équilibre de la cadence de construction pour Lorient. Nous en sommes au stade de l’instruction», précise le ministère des Armées.

Trouver des débouchés à l’international

Comme la commande nationale représente «structurellement» une livraison tous les deux ans, ce qui peut «paraître faible», selon les termes de l’hôtel de Brienne, Naval Group a besoin de trouver d’autres débouchés à l’international. L’Égypte semble intéressée alors que la Grèce a, semble-t-il, fait volte-face après avoir manifesté sa volonté d’acquérir 4 frégates de ce type dans le cadre d’un appel d’offres. «Le dossier grec n’est pas clos», assure-t-on de bonne source.

Autre option pour Lorient, la construction de corvettes et patrouilleurs Gowind, des navires plus petits (87 à 102 mètres ; de 1 500 à 2400 tonnes) mais agiles et bien armés, qui répondent bien aux besoins des pays dans le cadre de leurs missions en mer (lutte contre les trafics notamment). Naval Group en construit pour l’Égypte et la Malaisie dans leurs chantiers locaux mais n’exclut pas d’en fabriquer à Lorient.



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