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Economie

Près d’un utilisateur de fioul sur deux compte garder sa chaudière


L’an dernier, l’interdiction du chauffage au gaz dans les maisons neuves (attendue cet été, décalée au 1er janvier 2022 selon nos informations) avait déjà suscité son lot de commentaires et de mécontentements. C’est désormais aux restrictions concernant le fioul de se faire plus précises. L’interdiction d’installer de nouvelles chaudières de ce type dans des logements quels qu’ils soient, était attendue pour le 1er janvier 2022.

Le gouvernement a finalement opté pour un délai rallongé de 6 mois, soit le 1er juillet 2022. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili a justifié ce changement ce lundi sur France 2, en expliquant: «Nous avons la volonté dans cette période d’y aller tranquillement. Nous voulons faire comprendre la nécessité d’évoluer. On a vu qu’il y avait un problème de compréhension (chez les Français). À partir de là, nous voulons que les choses puissent se passer correctement. Nous voulons prendre plus de temps pour expliquer.»

» LIRE AUSSI – La fin des chaudières au fioul reportée à la mi-2022

«Une chose est sûre, nous manquons d’un objectif clairement affirmé, souligne Pierre Maillard, directeur général de l’enseigne Hellio qui accompagne particuliers et entreprises dans la transition énergétique. Il faudrait un travail de fond avec les professionnels du secteur pour préciser la marche à suivre et quelles sont les alternatives au fioul recherchées par le gouvernement.» De son côté, Hervé Degrève, fondateur de la plateforme de commande FioulReduc, reste d’un optimisme mesuré. «Ce décalage de 6 mois est une bonne chose pour laisser aux clients, aux distributeurs de fioul comme aux chauffagistes, un peu plus de temps pour se préparer mais il faudra plus de pédagogie et de marketing pour accompagner ce changement.» Sinon, tous deux craignent des réactions d’immobilisme, voire de rejet comme la campagne «Touche pas à mon fioul» lancée par certains distributeurs.

Seulement 15% sont déjà prêts à changer

La défiance des Français sur le sujet reste forte. Selon une enquête menée conjointement par Hellio et FioulReduc, l’interdiction qui se profile, suscite chez les usagers actuels du fioul avant tout de l’inquiétude (pour 36% des utilisateurs qui craignent des soucis financiers), du mécontentement (32% qui ne souhaitent pas changer d’énergie) et de l’attentisme (16% qui ne comptent pas changer d’habitudes de consommation). Au final, 47% des sondés veulent conserver leur chaudière ou l’adapter au biofioul, les autres se partageant entre ceux qui ne savent pas ce qu’ils feront (38%) et une petite minorité (15%) qui est prête à changer d’énergie.

Les raisons qui poussent ces 47% à ne pas vouloir changer sont simples: 47% d’entre eux ne voient pas l’intérêt de changer une installation qui fonctionne tandis que 17% estiment qu’ils n’ont pas les moyens et 17% qui soulignent que dans leur situation c’est ce qu’il y a de moins cher. Rappelons que cette interdiction ne doit concerner que l’installation de nouvelles chaudières au fioul, ce qui inclut le remplacement d’une chaudière non réparable (un décret à venir devra préciser cette notion ainsi que les éventuels cas d’exemption quand il n’y a pas d’alternative possible).

Qui se chauffe au fioul? Il s’agit de personnes de 61 ans en moyenne (à 56% des retraités), vivant à 2,3 personnes par foyer dans une maison bien plus grande que la maison moyenne (173 m² contre 112,2 m² pour les Français en général) et disposant d’un revenu légèrement supérieur au foyer moyen (37.343 € contre 36.740 €). «Les Français veulent qu’on les aide à évoluer, souligne Hervé Degrève, et cela passe notamment par la possibilité de verdir leur produit (augmentation progressive de la part de biofioul) ou encore de compéter l’usage de leur chaudière au fioul par une énergie complémentaire, comme le bois par exemple, dont la part augmenterait.» Pierre Maillard comprend que la bascule vers d’autres énergies soit compliquée. «Les retours des usagers de pompes à chaleurs mêlent vraiment aspects positifs et négatifs, souligne-t-il. Quant aux chaudières à bois, son remplissage régulier par un public de plus de 60 ans voire 70 ans n’est pas forcément commode.»





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