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Finance

Prêts garantis aux entreprises : les banques prêtes à de nouveaux efforts



Publié le 11 janv. 2021 à 6:46

Quand l’exception reste la règle. A mesure que la crise sanitaire se prolonge, les prêts garantis par l’Etat (PGE) mis en place en mars dernier pour soutenir la trésorerie des entreprises poussent les murs.

Accordés sur six ans, ces derniers deviennent remboursables après une première année de différé, les emprunteurs devant alors choisir entre un remboursement immédiat ou un étalement pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Or, le brouillard reste si épais sur l’économie, que la mise en place d’une deuxième année blanche est en train de se généraliser.

Des banques conciliantes

Accordée en principe au cas par cas, cette facilité devrait être accordée « de droit » aux entreprises fermées en raison de la crise sanitaire, a demandé jeudi le ministre de l’économie, Bruno Le Maire , qui devrait de nouveau évoquer le sujet cette semaine. La Fédération bancaire française (FBF) ne s’est pas encore positionnée à ce stade sur cette demande.

Néanmoins, certaines banques ont d’ores et déjà décidé d’accorder cette possibilité à toutes les PME en faisant la demande. C’est le cas notamment au Crédit Mutuel Alliance Fédérale, ou chez BPCE, et désormais également chez BNP Paribas, qui en a fait l’annonce vendredi.

« Nous voulons permettre à tous nos clients qui le souhaitent de reporter pour une année supplémentaire le début du remboursement du capital de leur PGE », indique aux « Echos » Marguerite Bérard, directrice des réseaux France de BNP Paribas. « Nous ne sommes pas sortis d’une zone incertaine sur le plan économique. Il ne faut pas que nos clients hésitent à le demander », insiste la dirigeante.

Comme la distribution des PGE reste possible jusqu’en juin 2021, les remboursements commenceraient ainsi au plus tard en juin 2023, une date à laquelle – a priori – la crise sanitaire devrait avoir été maîtrisée.

Les premiers reports déjà accordés

Dans les réseaux Banque Populaire et Caisse d’Epargne, des entreprises ont déjà choisi de reporter les premiers remboursements. « Il pourrait y avoir plus de demandes que prévu, compte tenu des tensions actuelles. Mais c’est important de pouvoir offrir cette souplesse, même pour des entreprises plutôt saines », considère Christine Fabresse, directrice générale banque de proximité et assurances chez BPCE.

Autre signe des incertitudes persistantes, la production de PGE, qui était devenue très faible au cours de l’été après un démarrage en trombe en mars , frémit à nouveau. « Cela va réaccélérer », abonde un dirigeant au sein d’un grand réseau. « Il va plutôt s’agir de petites entreprises, soit pour un nouveau prêt, ou, pour celles qui n’avaient pas épuisé leur quotité, pour obtenir un complément ».

Les Banques Populaires et les Caisse d’Epargne sont prêtes à répondre à la demande. « Nous invitons les entreprises qui en ont besoin à souscrire un PGE. Cela reste un dispositif très attractif, qui peut permettre de mieux traverser la crise », rappelle Christine Fabresse, chez BPCE, où l’on assure que « les conditions d’octroi n’ont pas durci ».

Lagardère et Galeries Lafayette

Les secteurs de la restauration et de la culture, toujours fermés, devraient alimenter cette demande, tout comme l’aéronautique pour qui un PGE ad hoc a été créé . Même si, comme le rappelle Germain Simoneau, président de la commission financement à la CPME, « contracter un prêt pour financer des pertes reste une démarche dangereuse, l’inverse du financement d’un investissement qui produira une rentabilité future ».

Au mois d’octobre, selon nos calculs, les banques ont accordé 2,5 milliards d’euros de PGE. Le mois suivant, ces montants atteignaient les 3 milliards d’euros, pour monter à quelque 4 milliards en décembre. Juste avant la fin de l’année, deux « gros PGE » ont été accordés, aux Galeries Lafayette (300 millions d’euros) et au groupe Lagardère (465 millions d’euros).

L’arsenal des aides financières devrait encore se renforcer en ce début d’année. Les discussions se poursuivent entre autorités françaises et européennes en vue de créer un dispositif de renforcement des fonds propres des entreprises.

Ce mécanisme de prêts participatifs (prêts de très longue durée assimilés à des fonds propres) distribués par les banques et partiellement garantis par l’Etat devrait bientôt voir le jour, espèrent les banques. « Nous nous attendons à pouvoir le commercialiser dès la fin du premier trimestre », indique Marguerite Bérard.



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