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Finance

Prêts garantis : le cap des 100 milliards atteint, les banques mutualistes en tête



La liste s’allonge. Nexans a annoncé jeudi la signature d’un prêt garanti par l’Etat de 280 millions d’euros. Le fabricant français de câbles rejoint ainsi une dizaine d’autres grandes entreprises dont Renault, Air France ou FNAC Darty qui ont également obtenu un crédit auprès des banques, afin de traverser les difficultés causées par la pandémie.

Mais le dispositif lancé fin mars atteint en masse les petites entreprises et les « pros ». Les sommes engagées à ce jour restent impressionnantes : au 5 juin, les prêts accordés approchaient les 100 milliards d’euros, selon les derniers chiffres publiés par Bercy (97 milliards), sur une enveloppe totale de 300 milliards d’euros. Ce qui représente déjà un peu plus de 4 % du PIB français.

Le secteur n’en est pas peu fier. « Nous avons été les soignants des entreprises et des pros pendant cette période », commente Christine Fabresse, directrice générale Banque de proximité et Assurances chez BPCE. Le groupe, qui chapeaute les réseaux Banque Populaire, Caisse d’Epargne, Natixis et Banque Palatine, a autant prêté en deux mois et demi qu’en une année.

Qualifié « d’immense succès du système bancaire français » par le patron de Bpifrance, Nicolas Dufourcq , le PGE, distribué dans tous les réseaux, reflète peu ou prou les rapports de force des banques sur le marché des entreprises.

Ces montants vont encore progresser

Selon des données compilées par « Les Echos » (sur base des prêts accordés à fin mai), les groupes mutualistes ont été les principaux pourvoyeurs de prêts garantis depuis fin mars, avec deux tiers de parts de marché cumulées.

BPCE représente environ 26 % des montants accordés, avec près de 22,5 milliards d’euros, dont une part plus importante pour Banque Populaire, traditionnellement bien implantée dans les entreprises. Crédit Agricole (17,2 milliards d’euros) et Crédit Mutuel Alliance Fédérale (16,3 milliards) suivent avec respectivement 20 % et 19 %.

Société Générale (12,2 milliards) et BNP Paribas (11,4 milliards) sont au coude-à-coude avec environ 14 % et 13 % des crédits octroyés. Des performances supérieures au poids « naturel » des deux établissements, qui s’expliquent par une clientèle comptant moins de PME et plus d’ETI ou grands groupes et par leur participation aux « gros » PGE de la place, comme Nexans ou Air France.

La Banque Postale suit de loin avec 770 millions d’euros accordés, soit moins de 1 % du total. Enfin, Bpifrance, HSBC et d’autres filiales de banques étrangères complètent le dispositif.

Ces montants vont encore progresser, à mesure que les banques instruisent les demandes en cours d’examen, le taux de refus restant très bas pour les PGE (autour de 2,5 % des demandes).

Reste qu’une page se tourne pour ce mécanisme anti-crise : après un démarrage intense et une mobilisation très forte des personnels, l’ensemble des banques estime que le rythme a commencé à ralentir. « On reçoit environ 1.000 demandes de PGE par jour, contre 10.000 au début du confinement », indique Christine Fabresse, chez BPCE.

Emprunter plusieurs fois

Après le pic du mois d’avril, le ralentissement de la demande s’expliquerait par un phénomène d’attentisme. Le déconfinement de l’économie n’est pas encore complet , et d’un secteur à l’autre, d’une ville à l’autre, l’activité n’a pas repris de façon uniforme.

« Les clients en situation d’urgence sont venus les premières semaines. Nous rencontrons désormais des entreprises et des professionnels qui avaient de quoi voir venir, mais se rendent compte qu’ils pourraient encore avoir des besoins de trésorerie, alors que la situation reste incertaine », explique Christine Fabresse.

« Nous nous attendons à une reprise de la demande de PGE en septembre », explique un banquier, un sentiment partagé par d’autres établissements. D’autant qu’il est possible de souscrire des prêts garantis jusqu’au 31 décembre.

A la rentrée, les entreprises y verront plus clair sur le rebond – ou l’absence de rebond – de l’économie, et donc sur leurs besoins de financement. Certains reviendront sans doute une deuxième fois au « guichet », car il est possible d’emprunter plusieurs fois, dans la limite du plafond prévu pour le PGE.



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