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Finance

Prêts garantis : les banques donnent plus de visibilité sur les taux de remboursement



Publié le 6 sept. 2020 à 12:15

Elles l’attendaient depuis plusieurs semaines. Les entreprises ayant souscrit depuis la fin mars un prêt garanti par l’Etat (PGE) vont y voir plus clair sur un point essentiel de ces prêts lancés dans l’urgence : le taux appliqué par la banque si l’emprunteur décide d’activer l’option permettant – au-delà de la première année de prêt – de l’étaler sur une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Les établissements bancaires et le gouvernement sont tombés d’accord a annoncé ce matin le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire sur Europe 1.

Pour les TPE et les PME, si le remboursement a lieu au bout d’un an, le taux de crédit est depuis le début fixé à 0,25 %. Pour des remboursements au-delà : « Au vu des informations disponibles à ce jour notamment sur les conditions de marché, le taux pour l’emprunteur pourrait s’établir entre 1 et 2,5 % par an », a souligné dans la foulée la Fédération bancaire française (FBF).

Ces conditions varieront naturellement d’une banque à l’autre et seront communiquées au client deux à quatre mois avant la date anniversaire du PGE. Pour les TPE et PME, cela permettrait, de proposer une tarification maximale de 1, à 1,5 % pour les prêts remboursés d’ici à 2022 ou 2023. Le taux serait de 2 à 2,5 % pour les prêts remboursés d’ici à 2024 ou 2026, a précisé Bercy dimanche. Tous ces taux incluent le coût de la garantie de l’Etat.

Discussions sensibles

A ce jour, près de 120 milliards d’euros de PGE ont été accordés à plus de 570.000 entreprises. Les conditions évoquées sont in fine plus attractives que celles citées cet été par Bruno Le Maire, parlant d’une fourchette comprise entre 1 et 3 % .

Les négociations sur le sujet étaient sensibles, Bercy souhaitant afficher des règles claires, les banques cherchant à ne pas « geler » trop précisément un taux de crédit. A ce niveau de tarification, le PGE se trouverait en moyenne bien meilleur marché qu’un crédit de trésorerie, mais – toutes choses égales par ailleurs – plus onéreux qu’un crédit d’équipement (conditions observées à la fin du deuxième trimestre).

Reste à savoir si ces conditions sont intéressantes pour la banque sachant qu’elles se sont engagées à accorder les prêts à « prix coûtant ». Mais le calcul de ce « prix coûtant » varie d’une banque à l’autre et reste peu transparent. Il se compose du coût de la liquidité, ainsi que du coût prudentiel (lié aux fonds propres immobilisés lorsque la banque accorde un prêt).

Phase favorable pour les liquidités

Côté liquidités, les banques se trouvent dans une phase favorable : depuis le déclenchement de la crise sanitaire, la Banque centrale européenne (BCE) a inondé les banques de prêts (TLTRO III) à taux négatifs. Par ailleurs, les épargnants ont, depuis la crise, laissé dormir massivement leurs économies sur de simples comptes courants, représentant une ressource gratuite pour le secteur. Toutes les ressources ne sont cependant pas aussi bon marché, comme les sommes placées sur le Livret A ou le Plan d’Epargne Logement.



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