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Finance

Prêts garantis : les entreprises profitent des différents régimes en Europe



« Les banques espagnoles ont été les premières à réagir, et nous sommes en discussions pour une nouvelle ligne de crédit supplémentaire». Econduit par ses six banques en France pour un prêt garanti , le dirigeant du spécialiste de technologies numériques pour le cinéma Ymagis place tous ses espoirs dans les aides d’Etat de la vingtaine de pays où il est présent, en particulier en Espagne, mais aussi en Suisse, en Croatie… et même aux Etats-Unis.

Au palmarès, c’est cependant la péninsule ibérique, où il génère 25% de son chiffre d’affaires, qui a été la plus réactive. «Nous avons obtenu une première ligne de 2,5 millions et négocions une autre de 1 million d’euros avec nos banques en Espagne, dont Santander, et cherchons ailleurs en Europe», explique Jean Mizrahi, le directeur général du groupe. En France, ses six banques lui refusent en effet un prêt garanti d’environ 15 millions d’euros. « Je n’ai aucune explication, aucune justification, rien, se désespère le dirigeant du groupe de 750 salariés. Faute de solution, nous devrons ouvrir une procédure collective».

Garantie sans condition

Comme Ymagis, nombre d’entreprises internationales sollicitent tous les dispositifs et tentent de tirer parti des plus ouverts en Europe. Le groupe de restauration de voyage, Areas, ex-entité du français Elior domiciliée en Espagne, a aussi formulé des demandes dans différents pays.

Ces entreprises trouvent parfois un meilleur accueil via une simple filiale que sur leur territoire. « En Espagne, les banques sont un peu mieux rémunérées, concède un banquier français, et l’appel de la garantie de l’Etat est sans condition, c’est plus attractif pour les prêteurs». Pourtant, la garantie publique est plus faible (70%), les échéances de prêts plus courtes (jusqu’à trois ans au lieu de six ans) et les montants moins élevés.

Le premier a l’avoir testé est le français Europcar . «Nous avons fait feu de tout bois, auprès des directeurs financiers de notre vingtaine de filiales pour solliciter leurs banques locales et l’Espagne a été la plus rapide», explique Luc Peligry, le directeur financier du groupe. Résultat, les banques ont signé un chèque de 100 millions d’euros, alors qu’au siège en France, le groupe tentait toujours d’avancer avec ses 16 banques. Il a depuis obtenu un prêt garanti par l’Etat français de 220 millions d’euros.

L’Allemagne et l’Italie moins mobilisées

Les banques espagnoles n’ont pas cherché à analyser les risques cumulés de ses entités séparées pour réduire l’enveloppe. Et « une fois que nous y avons obtenu notre soutien, tout a été plus simple ailleurs », poursuit le directeur financier. Résultat, «nous sommes dans une position où nous allons devoir arbitrer entre les différentes offres qui nous seront éventuellement faites par les banques locales en Europe, de l’ordre de 50 millions d’euros chacune !»

Si le Royaume-Uni se montre ouvert, en Italie et en Allemagne les procédures paraissent plus compliquées. Outre Rhin en particulier, les banques ont tendance à privilégier les aides pour les entreprises ayant un véritable ancrage local, note le dirigeant. Pourtant le loueur, qui y négocie toujours, y réalise pas moins de 30% de son chiffre d’affaires, contre 15% en Espagne.



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