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Finance

Prêts garantis par l’Etat : Bercy anticipe très peu de défauts



Publié le 29 sept. 2020 à 17:16Mis à jour le 29 sept. 2020 à 17:17

Le gouvernement prévoit une très faible sinistralité des prêts garantis par l’Etat (PGE) l’année prochaine. « Les dépenses budgétaires liées à l’exercice des garanties accordées sont estimées à 1,3 milliard d’euros en 2021 », indique Bercy dans le dossier de presse du projet de loi de finances 2021. Si l’on rapporte ce chiffre à un volume de 140 milliards d’euros de PGE qui doivent être accordés d’ici la fin de l’année, sur lequel s’est basé le gouvernement, ceci correspond à une sinistralité proche de 1% sur un an.

Dans les faits, le taux de défauts se calcule sur plusieurs années, les entreprises ayant jusque six ans au total pour rembourser leur PGE. Bercy ne s’engage pas sur un chiffre global, mais se montre à l’aise avec l’ordre de grandeur de 4% avancé par certains. « A ce niveau, c’est de l’argent public bien placé », avance une source proche du ministère des Finances. Jusqu’ici, 581.000 entreprises ont reçu ce soutien, pour près de 120 milliards d’euros. Une grosse entreprise en ayant bénéficié, Europcar , a jusqu’ici fait l’objet d’une restructuration.

Une dimension politique

L’enveloppe de 1,3 milliard d’euros affectée à 2021 donne une première indication des risques d’incidents de crédit et de défaillances attendus par le gouvernement. Si elle est discutable, tant la situation économique est mouvante à cause de la crise sanitaire, elle est cohérente avec son scénario d’un rebond de 8% l’année prochaine . « Il y a aussi de l’affichage politique », indique une source. De fait, le gouvernement peut difficilement annoncer un scénario noir avec des faillites en séries…

Sur cette base, le coût pour les banques pourrait se situer autour de 150 millions d’euros en 2021. En charge de la distribution des PGE, celles-ci portent 10 % du risque de ces prêts d’urgence quand ils sont accordés aux PME, c’est-à-dire dans 95% des dossiers. L’Etat prend à sa charge le reste, soit 90% du risque. Pour les entreprises de taille intermédiaire et les grands groupes, qui ont emprunté de plus gros montants, la garantie de l’Etat descend à 70% ou 80%.

Réunion de place mi-octobre

Dans le projet de budget, le gouvernement a également prévu 2 milliards d’euros de garantie pour les prêts participatifs qui seront distribués, comme le PGE, par les réseaux bancaires aux TPE, PME et ETI. Cette enveloppe doit permettre aux entreprises de lever 10 à 20 milliards dequasi-fonds propres auprès d’investisseurs. Après des mois de tractations, Bercy espère aboutir à un résultat prochainement.

« On vise une réunion de place mi-octobre entre le ministre et les parties prenantes », indique une source proche de Bruno Le Maire. Les derniers détails restent à caler, notamment avec la Commission européenne qui doit valider le dispositif. L’enjeu est de calibrer un instrument qui soit attractif à la fois pour les entreprises (donc pas cher) mais aussi pour les investisseurs (donc rémunérateur).

Le ministre des Finances a eu des échanges récents avec Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence. Le but est d’avoir un instrument sur pied en fin d’année, qui puisse prendre le relais du PGE, dont les premiers remboursements sont attendus fin mars 2021.



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