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Finance

Prêts participatifs : les dernières pièces du puzzle se mettent en place



Publié le 2 avr. 2021 à 20:17Mis à jour le 2 avr. 2021 à 20:18

Le plan promu par Bercy pour permettre aux entreprises touchées par la crise de rebondir grâce à des financements d’un nouveau genre prend forme. Pièce maîtresse de ce dispositif mettant en jeu la garantie de l’Etat, les assureurs sont rassurés depuis quelques jours sur les exigences des superviseurs.

Ils ont par ailleurs désigné cette semaine des sociétés de gestion qui les aideront à investir dans les prêts participatifs censés être distribués aux PME et ETI dès ce mois-ci.

Le gouvernement mise sur ces prêts à huit ans, comptabilisés comme des quasi-fonds propres, pour injecter autour de 14 milliards d’euros dans les entreprises et accompagner la relance (un montant complété par 6 milliards d’obligations ).

Ce dispositif doit prendre le relais des prêts garantis par l’Etat (PGE) massivement distribués par les banques depuis le printemps 2020. Les assureurs appelés à investir dans ces prêts via un fonds, planchent pour que ce véhicule soit mis en place à la mi-avril.

Après avoir choisi une société de gestion, Eurotitrisation , pour piloter l’ensemble, ils ont sélectionné les sociétés qui seront amenées à traiter les crédits de plus de 10 millions d’euros. Il s’agit d’Amundi, Eiffel IG, de Capza, BNP Paribas AM, Tikehau et d’Aviva Investors France.

Analyse à quatre yeux

« Ces sociétés de gestion seront co-décideurs avec les banques du financement accordé aux entreprises. C’est une analyse à quatre yeux », explique « aux Echos » Franck Le Vallois, le directeur général de la Fédération Française de l’Assurance (FFA). 

Le point est important pour les investisseurs.

Les banques et leurs filiales d’assurance se montrent très motivées vis-à-vis du dispositif. Cependant, les assureurs non rattachés à des banques sont apparus plus prudents .

Certains se sont publiquement inquiétés d’une asymétrie d’information entre eux et les banques. Naturellement aux manettes pour distribuer les prêts, celles-ci ne vont en garder que 10 % sur leur bilan. D’où des craintes sur l’alignement des intérêts avec les investisseurs.

Pour dissiper ces inquiétudes, les assureurs ont par ailleurs insisté pour que l’ensemble des prêts logés dans le fonds soient bien répartis en termes de taille, de secteur en jeu, de façon à équilibrer les risques.

Et ce, sachant que les prêts inférieurs à 10 millions d’euros – potentiellement au nombre de 10.000 à 12.000 – seront traités par des sociétés de gestion proposées par les banques. Autant dire que les filiales de gestion des banques auront un rôle clé dans le dispositif.

Faible besoin en capital

Les assureurs sont par ailleurs fixés sur les exigences des superviseurs vis-à-vis de ceux qui investiront dans le fonds dédié aux prêts participatifs. Le gendarme des banques et des assurances, l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) a officiellement transmis son analyse en début de semaine.

Au lancement du fonds et compte tenu de la garantie par l’Etat, « le besoin en capital sera faible voire équivalent à la détention de titres d’Etat », assure Franck Le Vallois, même si « le besoin en capital pourrait être un peu supérieur pour les modèles internes » d’analyse des risques des assureurs.

Pour le dirigeant de la FFA, ce traitement n’est « ni bloquant, ni incitatif ». Il n’empêche, les assureurs ont maintes fois insisté pour que les investissements dans le fonds de prêts participatifs, censés leur apporter un rendement de 2 %, ne soient pas coûteux en fonds propres, à l’image des placements en titres d’Etat.

Reste maintenant à savoir quels assureurs vont s’engager et à quelle hauteur. « Ce sont des investissements qui devraient être assez intéressants vus des investisseurs », a déclaré mercredi dernier David Simon, responsable des investissements, des finances et des risques pour le groupe d’assurance AG2R La Mondiale.



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