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Economie

quand l’aide d’Action Logement est source de business


L’aide Mobili Pass, proposée par Action Logement, vise à rémunérer un professionnel de la mobilité, pour accompagner les salariés dans leur recherche de bien locatif. Un créneau lucratif.

Déménager dans une nouvelle ville pour un poste ou une mutation n’est pas toujours une tâche aisée. La méconnaissance des quartiers, des prix ou des moyens de transport peut rendre la recherche d’un bien immobilier locatif difficile. Méconnue, l’aide Mobili Pass proposée par Action Logement permet pourtant de répondre à cette problématique.

Financée par l’Action Logement (l’ex 1% logement) des entreprises, elle s’adresse aux salariés des entreprises de plus de 10 employés qui déménagent à plus de 70 kilomètres de leur domicile pour un nouvel emploi ou une mutation. Cette aide vise à rémunérer un professionnel de la mobilité, qui peut être choisi par le salarié ou par son entreprise, pour assister le salarié dans sa recherche d’appartement ou de maison. Il est notamment accompagné pour trouver des logements libres, lors des visites, de l’état des lieux et pour l’ouverture des compteurs du logement. Aujourd’hui, l’aide profite à 16.000 ménages qui déménagent par an pour des raisons professionnelles sur 800.000.

Un créneau sur lequel de nombreuses entreprises mais aussi beaucoup d’autoentrepreneurs se consacrent. Pour une reconversion, un retour sur le marché du travail après avoir passé plusieurs années à s’occuper de ses enfants, la recherche d’appartement pour un tiers attire de plus en plus de personnes.

Lætitia Duquesne, initialement infirmière, en a fait son métier. À la suite de son congé parental, elle a souhaité changer de travail. « Je suis à mon compte en tant qu’autoentrepreneur, ça me permet de concilier mon métier avec ma famille », explique-t-elle. Aucune condition de diplôme n’est demandée, seul le résultat compte. À la fin de la recherche d’appartement, une fois le contrat de bail signé, un dossier complet doit être envoyé à Action Logement prouvant l’aide qui a été apportée au salarié qui doit lui-même signer un document. Au-delà de la simple recherche d’appartement, la valeur ajoutée mise en avant par les professionnels est l’accès à un réseau privilégié. «Nous représentons un gage de confiance pour les agents immobiliers que nous finissons par connaître. Nous avons accès à des biens supplémentaires», revendique Lætitia Duquesne.

Une aide entre 1900 et 2200 euros

Un forfait de 2200 euros est alors versé pour les recherches de bien en zones tendues telles que Paris. Pour les zones non tendues, l’aide atteint 1900 euros. « Je m’occupe de 5 à 7 dossiers par mois au maximum. Il y a une forte saisonnalité, parfois c’est seulement 1 ou 2. C’est très irrégulier. Heureusement que nous avons deux salaires à la maison parce que je ne pourrais pas en vivre seule à cause de cette trop forte irrégularité », reconnaît-elle. Basée sur Lyon, Lætitia Duquesne a choisi d’être prestataire pour des sociétés de relocation qui lui amènent directement ses clients, lui évitant tout démarchage commercial.

Même trajectoire pour Virginie Frazey. Initialement hôtelière, elle a suivi son mari dans différents pays. À leur retour en France, elle s’est tournée vers ce métier d’abord en tant que salarié d’une entreprise de relocation puis a choisi de se mettre à son compte. Elle est spécialisée sur la région parisienne. « Je travaille en partenariat avec 4 agences de relocation qui me contactent lorsqu’ils ont des salariés que je peux accompagner », explique-t-elle.

En effet, il peut s’avérer difficile de trouver des salariés à accompagner. C’est sur cet axe-là que Se sont développées les agences de relocation. Elles répondent aux appels d’offres émis par de grandes sociétés telles que les entreprises du CAC 40 pour justement accompagner leurs salariés dans leur mobilité dans une perspective de politique RH réussie. Le groupe MuterLoger travaille en partenariat avec 130 personnes pour répondre à ce besoin. Salariés, autoentrepreneurs, mais aussi à la tête de SARL, ils multiplient les interlocuteurs qu’ils contactent en fonction de la géographie du besoin immobilier. « Nous travaillons avec une majorité de femmes âgées d’environ 45 ans. Ça leur permet d’effectuer un mi-temps ou ça représente un complément d’activité », déclare Tom Charbonnier, directeur général de MuterLoger.

Un budget de 33 millions d’euros chaque année

Simple complément de revenu pour certains, véritable entreprise pour d’autres. « C’est une opportunité d’affaires. Il y a des perspectives de développement importantes. Je vais bientôt changer de statut en passant d’autoentrepreneur à la création d’une entreprise. Je prévois même d’embaucher. Le seul risque c’est qu’on dépend totalement d’Action Logement et de cette aide », met en avant Marc, ancien commercial dans le vin qui a choisi de se reconvertir.

Action Logement dispose en effet d’une enveloppe de 33 millions d’euros par an pour l’aide Mobili Pass. « Chaque année, nous dépassons le budget de 5 à 10 millions d’euros. Nous atteignons déjà le maximum de l’enveloppe. Si la notoriété de cette aide augmente, nous ne pourrions pas répondre financièrement à toutes les demandes et ça entraînerait de la frustration. Nous remarquons qu’il y a de plus en plus en d’acteurs sur ce créneau avec une augmentation de 33% en deux ans, la concurrence fait rage », décrit Olivier Barrat, directeur Aides et Garanties au sein d’Action Logement. Pour une augmentation du budget alloué à cette aide, un vote doit être réalisé par le conseil d’administration d’Action Logement.

Mais avec une telle diversité de profils spécialisés dans l’accompagnement de la recherche de logement, la question de la qualité du service apportée se pose. Pour éviter toute déception, le groupe MuterLoger réalise notamment des audits terrains et mesure la satisfaction de la personne accompagnée. Action Logement envoie de son côté un questionnaire de satisfaction à chaque bénéficiaire de l’aide sur les services fournis par le prestataire. « Nous réalisons aussi des appels aléatoires de salariés qui ont été accompagnés pour vérifier la qualité du service qui leur a été apportée. Nous envisageons de demander à notre gouvernance d’augmenter l’exigence de qualité», revendique Olivier Barrat, d’Action Logement. Une nouvelle exigence qui, conjuguée à une concurrence de plus en plus forte, va pousser les professionnels de la relocation à se dépasser pour continuer à exercer leur métier de manière profitable.



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