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Economie

Quand les collectivités locales viennent au secours de leurs commerçants


De nombreuses collectivités n’ont pas tardé à prendre des mesures exceptionnelles pour soutenir les commerces, touchés de plein fouet par la crise économique. L’ampleur de la crise exigeant d’envoyer un signal fort aux commerçants, les initiatives sont variées, mais certaines reviennent souvent, comme les exonérations de loyers pour les restaurateurs.

Du nouveau et du renouveau

Ce sont parfois des aides qui existaient avant la crise mais qui sont relancées. La ville et la métropole de Brest, particulièrement actives auprès des commerces pendant la crise, se sont notamment appuyées sur l’appel aux projets qui avait été lancé en 2018 à l’intention des associations de commerçants, afin de soutenir financièrement les projets d’animations les plus ambitieux.

Mais certaines décisions sont inédites pour les collectivités en question. La Métropole de Brest a par exemple utilisé Kengo, une plateforme de finance participative, pour créer un espace de distribution de bons d’achat valables dans les commerces de la métropole jusqu’à la fin de l’année 2020. Les relations entre les intéressés se font dans les deux sens : les commerçants peuvent inscrire leur boutique sur la plateforme, et les consommateurs peuvent demander l’inscription d’un commerce qu’ils fréquentent. Environ 90 000 euros de bons d’achat ont déjà circulé. Pour la Chambre du Commerce et de l’Industrie Bretagne Ouest, cette aide est certes «symbolique» pour certains commerces, mais elle est parfois aussi «un vrai coup de pouce» pour les plus fragiles.

Le coût financier de ce soutien pour les collectivités importe peu parfois, tant les besoins sont criants. Début juin, la Métropole de Montpellier a annoncé la troisième phase d’un vaste plan d’action pour les acteurs économiques, qui devrait ajouter 18 millions d’euros aux 50 millions déjà prévus. Pour les petites communes, où de telles sommes sont impensables, la priorité est de faire au mieux pour sauver les commerces de la faillite. La ville de Port-Louis en Bretagne a par exemple ouvert l’espace public aux commerçants à certaines heures afin qu’ils vendent leurs produits à l’extérieur des boutiques. Pour le maire de cette petite ville du Morbihan, il faut avant tout «éviter le chacun pour soi».

Coopération des institutions

Il s’agit pour les communes de jouer leur rôle de «collectivités du quotidien», les élus municipaux étant, pendant cette crise aussi, les premiers au contact des Français.

S’adapter aux ordres d’en haut, certes, mais aussi faire remonter ce qui compte. Les Chambres du Commerce et de l’Industrie ont été très impliquées dans l’effort auprès des commerçants. Le président de la CCI de l’Hérault, André Deljarry, insiste sur le rôle des acteurs de terrain : «c’est d’abord nous qui savons», martèle-t-il. «Les spécialités des territoires, c’est ce qu’il faut prendre en compte en premier lieu.», ajoute-t-il, précisant que le travail de terrain est surtout fait par les CCI et les EPCI (communautés de communes, métropoles…). Selon lui, excepté le chômage partiel, presque toutes les initiatives viennent d’en bas.

Un enjeu très politique

Les échéances municipales ont pu certes accélérer les décisions des élus. La crise n’est parfois que l’occasion pour les commerçants d’obtenir des mesures demandées depuis longtemps. La Fédération des Associations de Commerçants, d’Usagers et de Consommateurs du grand Montpellier (FADUC) a salué la fin de l’extension commerciale voulue par la Métropole, mais admet que cette mesure fut prise «au dernier moment» et «au cœur des municipales». Dans d’autres municipalités, la tension électorale n’a pas pesé, comme à Port-Louis, où le conseil municipal a été élu dès le premier tour.

Le soutien se traduit beaucoup à travers la communication, pour informer les commerçants des mesures dont ils peuvent profiter. Mais dans l’entre-deux-tours des élections municipales, il est difficile de bien communiquer sans avoir l’air de faire campagne. À Brest, où une instance économique de concertation à l’échelle du bassin d’emploi a été créée avec la CCI, la Métropole a souhaité que le préfet en prenne la tête, pour garantir une certaine neutralité aux yeux des électeurs.

Certaines mesures seront ressenties par plus de citoyens que d’autres, comme la gratuité partielle des parkings du centre-ville de Montpellier, qui ne concerne pas que les commerçants. Mais André Deljarri «ne croit pas à une seule mesure phare». C’est «une totalité de mesures» qui sauveront les commerçants. Un dispositif qui, selon le Président de CCI de l’Hérault, ne doit surtout pas s’arrêter fin 2020, mais accompagner chacun sur le long terme. Pour les commerçants comme pour l’ensemble de l’économie française, les difficultés ne font que commencer.



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