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Finance

Quatorze ans après la crise des subprime, Natixis comparaît à nouveau devant un tribunal



D’une crise à l’autre. Quatorze ans après les faits, et en pleine crise sanitaire, la banque Natixis va comparaître ce lundi devant le tribunal correctionnel où elle sera jugée sur la communication en 2007 de son exposition à la crise des « subprime ».

La filiale du groupe BPCE est soupçonnée d’avoir diffusé des informations fausses ou trompeuses à l’époque. C’est la première fois qu’une banque française sera jugée pour des faits liés à la crise financière de 2008. Les dirigeants et personnes physiques ne sont pas concernés.

Le procès, qui a lieu au tribunal judiciaire de Paris, doit durer jusqu’au 8 avril, et se déroulera en six audiences. Natixis risque une amende pouvant aller jusqu’à 7,5 millions d’euros.

Cet épisode judiciaire tombe en pleine opération de retrait de la cote de Natixis. Le conseil d’administration de la banque a approuvé il y a une dizaine de jours l’offre de rachat par BPCE, à 4 euros par action, des 29 % du capital qu’elle ne détient pas, et qui devrait aboutir, en cas de succès, à une sortie de la Bourse.

Un communiqué qui date de… novembre 2007

L’affaire en question porte sur la communication financière de la banque entre 2006, année de son introduction en Bourse, et 2009. Cette année-là, une plainte est déposée par l’Association de Défense des Actionnaires Minoritaires (Adam), pour le compte de centaines d’investisseurs individuels, pour « diffusion d’informations trompeuses » et « présentation de comptes inexacts ».

Entre-temps, la banque avait subi des pertes de plusieurs milliards d’euros, et vu son cours de Bourse s’écrouler.

A l’issue de cette plainte, la justice ouvre une enquête sur la base de deux communiqués publiés en juillet 2007 et novembre 2007. Natixis est mise en examen dix ans plus tard, en 2017, sur la base de ces deux documents.

Deux ans après, en 2019, une juge d’instruction renvoie la banque devant le tribunal correctionnel sur la base d’un seul de ces communiqués (celui de novembre), dans lequel elle aurait sous-estimé les risques liés à son exposition à la crise des « subprime ».

Difficile à anticiper

Depuis le début de l’affaire, le groupe plaide son innocence, rappelant que la crise et ses conséquences étaient impossibles à anticiper. Lors de l’annonce de son renvoi en 2019, Natixis estimait avoir « fourni au public, en toute sincérité, les informations dont elle disposait sur ses expositions, au fur et à mesure de l’identification de leurs risques sous-jacents ». L’Autorité des Marchés Financiers n’avait d’ailleurs rien trouvé à redire à l’époque.

Ce qui est sûr, c’est que la banque n’a aujourd’hui plus grand-chose à voir avec celle de 2007. Les dirigeants ne sont plus en poste, ni chez Natixis, ni chez BPCE. La banque elle-même a subi de nombreuses restructurations. La dernière en date, engagée l’an dernier après un premier semestre en perte, doit permettre de diminuer son profil de risque .

La mue devrait se poursuivre une fois que Natixis aura complètement réintégré le giron du groupe mutualiste BPCE, en cas de succès de l’offre de rachat.



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