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Finance

Quatre années de crise en vue pour les banques européennes


Pour l’instant, elles ont la tête dans le guidon. Mobilisées depuis le début de la crise du coronavirus , les banques prêtent à tout-va, avec le soutien des Etats, pour soutenir l’économie. Mais la crise actuelle se révèle être une course de fond éprouvante et la pente promet d’être raide pour l’industrie bancaire européenne.

C’est le constat que dressent les experts de McKinsey dans un rapport publié ce mercredi, qui analyse la situation en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni. Selon le cabinet de conseil, qui se base sur un scénario de baisse de 11 % du PIB en zone euro en 2020, les banques pourraient subir une crise plus importante que celles de 2008 ou de 2010, avec une chute de 42 % des revenus sur la période 2020-2021.

Cette projection intègre l’impact du coût du risque , qui pourrait être multiplié par cinq dans certains établissements compte tenu des possibles faillites de très nombreuses entreprises. Le secteur pourrait ainsi perdre quatre années de croissance, avec un retour aux niveaux d’avant crise en 2024 seulement. La rentabilité sera également dégradée avec un rendement des fonds propres négatif sur la période, avant de croître de 5 à 7 % en 2024-2025.

Les banques françaises moins affectées

« Ces estimations ne tiennent toutefois pas compte de l’ampleur ni de l’efficacité des dispositifs publics mis en place par les différents gouvernements européens, et qui permettront de compenser en partie les pertes de revenus pour les banques », précise Sébastien Lacroix, directeur associé senior chez McKinsey, qui souligne la solidité financière des établissements européens, « bien supérieure à la situation de 2008 ».

La facture serait d’ailleurs moins lourde pour les banques françaises, avec une baisse de revenus « limitée » à 20 %.

Dans un récent rapport, le cabinet Oliver Wyman, avec l’aide de Morgan Stanley, a chiffré la baisse des revenus dans la banque d’affaires, au niveau mondial, à 8 % pour la seule année 2020, avec des bénéfices quasi nuls. Conscients de la gravité de la situation, les superviseurs bancaires européensenvisageraient déjà de poursuivre au-delà de l’automne leur politique conciliante en termes de réglementation adoptée depuis mars.

Baisse des coûts

Avant le coronavirus, la situation était déjà compliquée avec un environnement de taux négatifs qui pesait sur les marges et des établissements bousculés par les nouveaux usages des clients. « La crise augmente l’impératif d’évolution rapide pour les banques : on ne reviendra pas au monde d’avant », professe Sébastien Lacroix.

Qui dit baisse des revenus dit baisse des coûts. C’était déjà le discours emprunté par de nombreux établissements avant la crise. Mais cela ne se traduira pas automatiquement en baisse d’effectifs ou fermetures d’agences. La mutualisation de certaines pratiques entre banques peut aussi être un moyen de réduire les coûts, notamment dans l’informatique où les investissements sont conséquents.

Les pratiques héritées du confinement , notamment les relations à distance avec les clients et le succès du télétravail, serviront, enfin, de base pour repenser les modèles. « L’important, ce sera la vitesse de transformation. Il va falloir faire en deux ans ce qui était prévu en six », considère Sébastien Lacroix.



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