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Economie

Renault prévoit de supprimer environ 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France


Alors que Renault doit présenter, vendredi, la teneur de son plan d’économie de deux milliards d’euros, il a déjà précisé le nombre de suppressions de postes. Le groupe a, en effet, annoncé ce jeudi soir à ses syndicats qu’il prévoyait d’en supprimer 15.000 à travers le monde, dont 4.600 en France, a appris l’AFP ce jeudi soir de sources concordantes. Des chiffres confirmés au Figaro.

Il prévoit de réduire les effectifs «sans licenciement sec», via des départs volontaires, des départs à la retraite non remplacés et des mesures de mobilité interne ou de reconversion, ont indiqué ces sources à l’AFP. Les capacités de production du groupe au niveau mondial devraient être réduites, passant de 4 millions de véhicules actuellement à quelque 3,3 millions, sur une base de deux équipes (ce qui correspond à une production réelle potentielle plus élevée en ajoutant une troisième équipe).

En France, une procédure d’«information-consultation» des représentants du personnel commencera «à partir de la mi-juin», selon une source syndicale. Un conseil d’administration du groupe a été convoqué jeudi soir. De sources concordantes, le plan d’économies de 2 milliards d’euros est réparti pour environ «un tiers sur la production, un tiers sur l’ingénierie et un tiers sur les frais de structure, marketing et réseau».

L’activité de Choisy-le-Roi transférée à Flins

Concernant les sites de production dans l’Hexagone, l’activité de l’usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), qui emploie 260 personnes dans la réparation de moteurs et boîtes de vitesses utilisés comme pièces de réemploi, doit être transférée vers l’usine de Flins (Yvelines), à une soixantaine de kilomètres de là. À Flins, la production automobile cessera après la fin de la Zoe d’ici quelques années.

La direction a déclaré devant le CCSE qu’il y aurait «une réflexion en vue de la création à Flins d’un écosystème sur l’économie circulaire qui intégrerait Choisy-le-Roi», a déclaré une source syndicale. Le projet prévoit «une revue stratégique du système de fonderie-fonte en France», qui concerne l’avenir de la Fonderie de Bretagne à Caudan (Morbihan), a indiqué cette source. Le site emploie près de 400 salariés. Le plan annonce aussi une réflexion «pour imaginer un projet de reconversion à Dieppe à la fin de la production de l’Alpine 110», a ajouté cette source.

Renault va également suspendre des projets d’extension d’usines au Maroc et en Roumanie. Le constructeur envisage de réduire ses capacités de production en Russie, et aussi de réduire ses activités mécaniques en Corée du Sud et la fabrication de boîtes de vitesses en Turquie.

Nissan en difficulté

Plus tôt dans la journée de jeudi, Nissan avait annoncé la fermeture d’une usine espagnole, dans le cadre d’un nouveau plan stratégique visant à réduire d’environ 20% ses capacités mondiales de production d’ici mars 2023. L’usine emploie 3.000 personnes mais 22.000 emplois indirects en dépendent, selon les syndicats. Le gouvernement espagnol a aussitôt déploré cette décision, eu égard aux nombreux «soutiens, aides et accompagnements» qu’il avait proposés au groupe, et a affirmé qu’il se battrait pour sauvegarder l’emploi. Ailleurs dans le monde, Nissan va recentrer sa production en Amérique du Nord sur certains modèles stratégiques, se retirer du marché sud-coréen et cesser la commercialisation de ses véhicules Datsun en Russie.

Nissan avait déjà annoncé en juillet dernier son intention de réduire de 10% ses capacités de production d’ici mars 2023, ce qui implique la suppression d’environ 12.500 postes dans le monde. Lors d’une conférence de presse en ligne, son directeur général Makoto Uchida a refusé de chiffrer le total des nouvelles suppressions de postes à venir, invoquant les négociations en cours dans chaque pays avec les représentants du personnel. En 2019 Nissan employait 138.900 salariés dans le monde.

Le constructeur souffre, lui, d’importantes surcapacités, entraînant des coûts fixes énormes qui plombent sa rentabilité: il peut actuellement produire sept millions de véhicules par an, soit deux millions de plus que ses ventes en 2019. Sévèrement déficitaire pour la première fois depuis onze ans, le constructeur automobile japonais, a été touché de plein fouet par la crise du coronavirus. C’est pourquoi il veut baisser ses coûts fixes de 300 milliards de yens (2,5 milliards d’euros) et réduire de plus d’un million d’unités ses capacités de production d’ici mars 2023. Nissan a aussi annoncé jeudi une perte nette colossale de 671,2 milliards de yens (5,7 milliards d’euros) sur son exercice clos au 31 mars. Le groupe ne s’était pas retrouvé aussi lourdement déficitaire depuis 20 ans, quand il avait dû être sauvé par Renault pour éviter la faillite.



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