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Finance

Rentrée sous tension pour la Banque centrale européenne



Publié le 10 sept. 2020 à 6:00

La trêve estivale n’est plus qu’un lointain souvenir à Francfort. La rentrée a été plutôt agitée pour la Banque centrale européenne (BCE) qui tient depuis mercredi après-midi son Conseil des gouverneurs. Le 1er septembre, l’euro a dépassé en séance le seuil symbolique de 1,20 dollar , pour la première fois en deux ans.

Dès le lendemain, Phillip Lane, économiste en chef de la BCE, a stoppé net le mouvement en déclarant que « le taux de change euro-dollar comptait » aux yeux de la banque centrale. Mais la menace d’un euro fort – il a bondi de 12 % depuis mars – reste présente.

Le niveau de l’euro importe d’autant plus que du côté de l’inflation – le principal mandat de la banque centrale – la situation n’est guère encourageante. Au mois d’août, elle est passée en territoire négatif en zone euro . Un mouvement a priori ponctuel, mais qui contrarie les prévisions de la BCE qui voyaient les prix en zone euro monter de 1,3 % d’ici à juin 2022. Et ce malgré les milliards d’euros injectés dans l’économie par la banque centrale depuis 2015.

Pas de nouvelles mesures

Pour autant, les spécialistes jugent assez peu probable l’annonce d’une nouvelle série de mesures immédiates à l’issue du Conseil des gouverneurs. « Nous n’attendons pas de changement important de politique monétaire, écrit par exemple Konstantin Veit, chez PIMCO. La banque centrale a déjà augmenté et étendu le programme d’achat d’urgence pandémie (PEPP), et elle est pour l’instant en pilotage automatique. »

L’institution de Francfort a déjà frappé fort en juin dernier , quand elle a décidé de prolonger le PEPP jusqu’à la fin juin 2021, et qu’elle a augmenté l’enveloppe globale du programme de 600 milliards d’euros pour la faire passer à 1.350 milliards. Depuis, le rythme hebdomadaire des achats s’est ralenti. Nul besoin, a priori, de décider immédiatement d’une nouvelle rallonge. En revanche, l’idée une extension – probablement en décembre – pourrait être évoquée.

Un test de communication

Le discours de la présidente, Christine Lagarde, va donc être scruté par les marchés. A commencer par la présentation des prévisions des économistes de la BCE. Lors de la réunion de juin, la banque centrale avait évoqué trois scénarios allant du raisonnablement optimiste au plus pessimiste. Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, avait averti fin août, que « tant que le scénario médian restait intact, il n’y aurait pas de raison de modifier la politique monétaire ». L’évaluation de l’évolution de la situation économique en zone euro sera donc primordiale.

« Cette réunion sera un nouveau test de communication pour Christine Lagarde : comment modérer le niveau de l’euro sans provoquer de mouvements de marchés injustifiés », estime pour sa part Carsten Brzeski chez ING. Un exercice subtil, à l’occasion duquel la Française devrait rappeler que si le taux de change n’entre pas directement dans le mandat de la banque centrale, il fera quand même l’objet d’un suivi attentif. Ce qui pourrait décourager les spéculateurs.

L’expérience de la Fed

La question de la cible d’inflation de la BCE devrait également être posée à Christine Lagarde. D’abord parce que la Réserve fédérale américaine a décidé de redéfinir son mandat , en adoptant une cible d’inflation plus flexible. Un exemple qui pourrait inspirer son homologue européenne, qui mène actuellement une revue de sa politique monétaire.

Ensuite parce que les investisseurs attendent une réaction après la chute des prix. « La Banque centrale pourrait annoncer qu’elle compte augmenter ses achats pour répondre à la faiblesse de l’inflation, mais il n’est pas sûr que ce soit suffisant pour les marchés », alerte Frederik Ducrozet, chez Pictet.



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