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Economie

Rester attractive, un enjeu pour la France


Pendant la crise sanitaire, la question de l’attractivité de la France n’était pas sur le devant de la scène. Les pouvoirs publics avaient, à juste titre, d’autres priorités. «Elle se pose désormais, maintenant que les bleus aux âmes et aux corps commencent à s’estomper», relève Eric Fourel, le président de EY France, à l’occasion de la publication annuelle du rapport du cabinet sur le sujet.

Et elle se pose à plusieurs titres. D’abord, parce que la France prenait en 2019 la très convoitée première place sur le podium européen des investissements étrangers avec 1197 projets annoncés (soit une hausse de 17% en un an), devant ses compétiteurs historiques, le Royaume-Uni (1109 projets) et l’Allemagne (971 projets). Elle conservait aussi la 1ère place, déjà conquise l’année précédente, pour la production et la R&D. Bien que chamboulées, les entreprises étrangères sont en train de mettre en œuvre ou ont déjà réalisé 65% de ces projets, estime l’étude EY. En revanche, 25% des investissements ont été reportés et 10% annulés.

Ce qui se passe dans le rétroviseur est certes important, mais la question se pose surtout car ce qui va se passer maintenant est déterminant pour l’économie française et le retour de la croissance. Les entreprises étrangères implantées sur le territoire emploient 2 millions de personnes, représentent 21% des dépenses de R&D privées et 31% de nos exportations. Or, les deux tiers des dirigeants internationaux ont d’ores et déjà prévu de baisser considérablement leurs dépenses cette année. Alors que le débat sur la relocalisation de certaines activités s’amplifie, «l’alerte est forte sur les sites de production», note l’étude. «Il n’y aura que quelques centaines d’investissements en Europe et dans quelques secteurs seulement (télécoms, jeux vidéo, commerces…)», prévient Marc Lhermitte, associé chez EY.

«Compétition de la relance»

Dans ce contexte, il ne faut donc pas rater le coche… Et ce coche, c’est bien sûr celui de la sortie de crise : 80% des dirigeants interrogés fin avril estiment que «la nature et l’envergure des plans de relance» – majoritairement nationaux- pèseront lors des arbitrages concernant la localisation de leurs investissements futurs. En d’autres termes, «c’est une compétition de la relance qui se joue», résume Marc Lhermitte.

Mais les investisseurs s’interrogent aussi sur la dégradation des comptes qui pourrait potentiellement contraindre l’action de l’État permettant à la France de rester compétitive et sur les contreparties fiscales aux plans de relance. Pour l’instant, l’exécutif balaie d’un revers de main toute hausse d’impôt, assure que la baisse de l’IS prévue avant la crise sera maintenue, Bruno Le Maire affirmant même toujours se battre pour que les impôts de production particulièrement élevés en France- soient réduits.

La France est très regardée et «doit rassurer sur sa stratégie immédiate», indique l’étude. Et outre la confirmation du «cadre fiscal et réglementaire qui a permis à la France de retrouver la confiance des investisseurs depuis 2017», cela inclura également l’accélération technologique, l’adaptation à l’urgence climatique, une nouvelle répartition des supply chains, la réaffirmation de la France comme «un hub technologique fort et incontournable en Europe», ou encore la protection de l’actif industriel qui est fortement à risque, conclut l’étude.



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