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Finance

Rothschild & Co et la Banque Postale intéressés par la banque privée Meeschaert



Le projet de cession de Meeschaert suscite l’attention dans un marché des fusions-acquisitions quasi désert, surtout dans la gestion de fortune. La liste des candidats attendus pour remettre une offre d’ici la fin du mois est déjà longue, pour l’établissement presque centenaire avec plus de 4 milliards d’euros d’actifs (hors capital investissement).

Plusieurs profils de candidats

Sur les quelque 17 dossiers de vente adressés, quatre profils de candidats se distinguent, de sources concordantes. D’abord, des acteurs en quête d’une marque de référence ou qui n’ont pas la taille critique. C’est le cas de Quintet Private Bank (ex-KBL, détenu par la famille princière du Qatar Al Thani), qui vient racheter, début mai, la banque privée du groupe suisse Bellevue, ou Swiss Life, géant de l’assurance, peu présent dans la gestion de fortune en France.

Ces deux candidats étaient déjà en lice en 2016 lors d’une première tentative de vente qui avait échoué, en partie du fait de dissensions familiales. La valorisation estimée par les vendeurs, autour de 150 millions d’euros, était en outre nettement plus élevée qu’aujourd’hui. Meeschaert se valorise désormais autour de 90 millions d’euros, soit autour de 10 fois son résultat opérationnel (Ebitda).

Dans ce cercle de candidats en quête de taille, se positionnent également Milleis (l’ex-banque de détail de Barclays en France), détenu par le fonds AnaCap, et Cyrus, un acteur important de la gestion de patrimoine, repris fin mars par le fonds Bridgepoint – actionnaire par ailleurs de la plateforme de conseil et de distribution Primonial. « Les fonds peuvent jouer un rôle de consolidateur du marché, davantage même que les banques privées elles-mêmes, compte tenu de leurs importantes ressources », considère Annabelle Rocat, associée du cabinet de conseil Alpha FMC.

D’autres candidats sont cités, mais ont moins d’impératifs stratégiques, selon ces mêmes sources. Le groupe Rothschild & Co, qui finalise le processus d’intégration de Martin Maurel , une marque forte acquise en 2017, ou bien La Banque Postale, déjà candidate au rachat de la banque de détail de HSBC en France, sont également cités. Interrogés, ces derniers refusent de commenter. Enfin, un dernier rang de candidats ont été contactés, comme les assureurs Axa et Allianz, ainsi que des « Family Offices », selon ces mêmes sources.

Un marché très concentré

Rentable – avec 8 millions de résultat net pour 40 millions de produit net bancaire – malgré un tassement de ses actifs, la banque Meeschaert mène depuis deux ans une politique visant à rajeunir son fonds de commerce avec une nouvelle offre de gestion conseillée.

Cette tentative de vente sera-t-elle la bonne après l’échec de 2016 ? Un consensus familial aurait depuis été trouvé, et le vendeur, qui souhaite se concentrer sur les métiers de capital-investissement, reste ouvert sur le schéma de reprise, en partenariat minoritaire ou en cession majoritaire.

Cependant, la consolidation du secteur de la banque privée est une antienne qui est loin de tenir ses promesses. « Le secteur est déjà très concentré avec près de 80 % des encours sous gestion des banques privées détenus par les filiales des grands réseaux bancaires », souligne Annabelle Rocat. Le reste du marché (825 milliards d’actifs sous gestion au total, selon Alpha FMC), reste émietté et un « pure player » sur deux affiche des actifs sous gestion inférieurs à 7 milliards d’euros, une taille désormais jugée insuffisante pour amortir les coûts réglementaires et technologiques. La crise du Covid, qui a pesé sur les actifs sous gestion et révélée l’importance du digital, promet d’accélérer la restructuration, à la fois des acteurs eux-mêmes et du secteur.



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