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Economie

sans coup de pouce, la rentrée pourrait être rude


Malgré la forte activité de ces dernières semaines, le marché risque de se bloquer si les conditions d’attribution de crédit ne sont pas un peu assouplies.

Les annonces enthousiastes sur la frénésie du marché immobilier dès la fin du confinement semblent déjà bien loin. Certes, les transactions se finalisent à un bon rythme mais les interrogations et les craintes pour les mois qui viennent se font de plus en plus vives. Il y a quelques semaines déjà, le président de la Fnaim Jean-Marc Torrollion tenait à préciser que la profession avait peut-être fait preuve de trop d’enthousiasme et d’optimisme par rapport à la reprise. C’est au tour d’un courtier de tirer la sonnette d’alarme.

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«Il faut se battre pour élargir à nouveau le champ des possibles, sinon on va à la catastrophe», estime sans détour Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi. Il fait surtout référence à deux éléments qui privent de crédit un nombre grandissant de ménages, phénomène que la crise sanitaire risque encore d’empirer même si les taux devraient se maintenir à un niveau particulièrement bas. En premier lieu, il s’agit des recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) qui préconise de ne jamais dépasser le taux d’endettement de 33% et ne pas accorder de crédit dépassant 25 ans. La seconde source de difficultés est liée au taux d’usure (taux tout compris avec les assurances), au-dessus duquel il est impossible de proposer un crédit. En période de taux très bas comme celle que nous vivons, cette protection du consommateur débouche finalement sur bon nombre d’exclusions de dossiers.

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Pour montrer que la situation est grave, il prévoit une baisse d’un tiers de la production de crédit pour l’année qui vient si rien n’est fait pour rectifier le tir. Ces résultats, il les obtient en observant la baisse de la demande de crédit dans son enseigne alliée à la baisse des taux d’accord de crédit par les banques. Sachant que la production de crédit se concrétise largement sur le semestre suivant la demande, cela permet de se faire une idée assez précise. «En temps normal, le taux d’accord bancaire des crédits était de l’ordre de 60 à 65%, rappelle Philippe Taboret. Il a commencé à chuter sensiblement en début d’année avec l’effet des recommandations du HCSF et les difficultés liées au taux d’usure. Il s’établit désormais à 54% et pourrait bien encore chuter jusqu’à 50% si rien n’est fait.»

Vers une plus grande souplesse

Condamnant ce qu’il appelle les «œillères» de la Banque de France , il estime qu’une plus grande souplesse des banques est possible car «elles ont retrouvé de la marge et gagnent actuellement de l’argent avec une clientèle moins risquée». Mais pour éviter de bloquer des pans entiers du marché, il faudrait pouvoir y réintégrer les primo-accédants disposant de très peu d’apport, les investisseurs endettés au-delà de 33% ou encore des seniors qui sont bloqués par le taux d’usure, au vu du surcoût que représente leur assurance. Des mesures qui plaident selon lui pour un retrait des recommandations du HCSF et pour une suspension temporaire du taux d’usure.





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