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Finance

Six grands investisseurs réclament 30 % de femmes dans les instances dirigeantes



Publié le 11 nov. 2020 à 18:01

En 2020, les femmes représentent seulement 21 % des postes dans les instances dirigeantes. C’est trois fois plus qu’en 2009 certes, mais encore insuffisant si l’on en croit la recherche académique, plusieurs études concluent qu’avec 30 % de femmes, les performances décollent.

Pour accélérer les changements, six grandes sociétés de gestion, qui représentent ensemble près de 3.000 milliards d’euros d’actifs sous gestion, ont décidé de s’associer. Elles appellent les grandes entreprises françaises à établir un plan d’actions pour atteindre au moins 30 % de femmes en 2025 dans leurs comités exécutifs ou leurs comités de direction. Parmi elles, Amundi, AXA Investment Managers (AXA IM), La Banque Postale Asset Management (LBP AM), Sycomore Asset Management, ainsi que deux affiliés de Natixis Investment Managers Mirova et Ostrum Asset Management.

Pas des quotas obligatoires mais une approche volontaire

Concrètement, ces investisseurs ont créé, à l’initiative d’AXA IM, le « 30 % Club France Investor Group ». Celui-ci ne vise pas la mise en place de quotas obligatoires, mais soutient une approche volontaire.

Les six sociétés de gestion ont prévu d’engager avec des représentants des entreprises (PDG, responsables des ressources humaines, administrateurs, membres des comités de nomination) des discussions sur la question de la diversité dans les équipes de direction. Elles veulent aussi comprendre comment les critères de diversité femmes-hommes sont pris en compte dans les processus de recrutement et de promotion jusqu’aux plus hauts niveaux hiérarchiques et ce, dans le but d’assurer la création d’un vivier de talents assez diversifié à tous les échelons de l’entreprise. Le groupe s’assurera, par ailleurs, que les entreprises ont bien fixé des objectifs clairs en termes de diversité femmes-hommes et qu’un plan d’actions pour les atteindre a bien été mis en place.

Votes sanctions en AG

Si aucun effort en faveur de la mixité n’était engagé, les membres du groupe d’investisseurs pourraient les sanctionner, par exemple en votant contre certaines résolutions en assemblée générale.

En France, la loi Copé-Zimmermann de 2011, qui a fixé un quota de 40 % de femmes administratrices en 2017 a été une vraie réussite. En dix ans, la part des femmes dans les conseils d’administration est passée de 10 à 44 %, au point que la France occupe la première place du podium au sein de l’Union européenne et la deuxième mondiale derrière l’Islande.

Mais cette loi n’a pas enclenché une dynamique paritaire qui s’étendrait aux postes de direction. Fin 2019, Marlène Schiappa, alors secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre hommes et femmes, et Bruno Le Maire , avaient évoqué la possibilité de quotas, mais l’idée n’a pas abouti.

Le patronat a décidé, peu après, de faire bouger les lignes. Le code Afep Medef recommande que les conseils d’administration déterminent des objectifs de mixité au sein des instances dirigeantes. Si le conseil d’administration est libre de fixer le nombre ou le quota de femmes dans les comex et l’horizon de temps pour y parvenir, il doit en revanche en rendre compte dans le rapport annuel, et si les objectifs ne sont pas atteints, proposer des mesures pour y remédier. Cette recommandation est obligatoire à partir des AG 2021.



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