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Economie

StopCovid, l’appli de traçage enfin disponible pour la phase 2 du déconfinement


Le suspens aura duré une partie de l’après-midi. L’application StopCovid, destinée à alerter ses utilisateurs en cas de contact avec un porteur du coronavirus, est finalement arrivée sur les magasins d’application d’Apple et Google avec quelques heures de retard. Ce délai, dû à «d’ultimes réglages» selon nos informations, a engendré quelques confusions, et les téléchargements de l’application catalane (Stop Covid19 Cat) ont brusquement flambé!

Les choses sont, depuis, rentrées dans l’ordre. Le retard a été expliqué par des ajustements de dernière minute pour garantir un accès à tous en cas de demande massive. Il a néanmoins suscité une vague supplémentaire de fausses nouvelles, certains n’ayant pas hésité à affirmer sur les réseaux sociaux que l’application n’avait pas été validée par Apple, en raison de problèmes liés à l’utilisation du Bluetooth.

Ces nouvelles infox sont venues s’ajouter à celles du week-end dernier. Les dernières mises à jour des systèmes d’exploitation d’Apple (iOS) et Google (Android) ont engendré une certaine confusion, laissant imaginer à certains que l’application du gouvernement français était installée par défaut dans les smartphones! Alain Houpert, sénateur LR de la Côte-d’Or a même relayé la rumeur dans un tweet… Il n’en est rien. L’installation de StopCovid est un acte volontaire, nécessitant l’intervention du possesseur du smartphone. La mise à jour effectuée par Apple et Google concerne les services qui vont utiliser leur interface de programmation d’application (API), ce qui n’est pas le cas de StopCovid.

Autre sujet de confusion sur les réseaux sociaux, la géolocalisation. Lors de l’installation de StopCovid sur un smartphone Android (toutes les marques du marché, sauf Apple), l’accès à la position du téléphone est demandé: il s’agit là d’une requête faite par Android. Il faut répondre «non », comme mentionné dans un message apparaissant à l’écran, puisque StopCovid fonctionne sans géolocalisation.

Un geste barrière

De même, StopCovid n’a pas accès au carnet d’adresses contenu dans les smartphones de ses utilisateurs, contrairement à ce qu’a affirmé Jean-Luc Mélenchon lors du débat parlementaire, la semaine dernière. L’application trace les contacts «physiques» de son utilisateur: il s’agit d’identifiants Bluetooth anonymisés et chiffrés, conçus pour empêcher que ces pseudonymes puissent être réaffectés à des personnes. Certes, aucun programme informatique n’est infaillible, mais une attention particulière a été apportée à la conception de celui-ci, mobilisant des experts de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Ansii) de l’Inria ou encore d’Orange et de Cap Gemini.

Le code est plutôt propre, ils ont fait du bon travail.

Baptiste Robert, spécialiste de la cybersécurité

Très critiquée avant même son lancement, StopCovid a fait l’objet d’un «bug bounty», un processus dans lequel des hackers sont appelés à trouver des failles. Cinq jours ont été laissés à ces spécialistes de la cybersécurité. Ils en ont trouvé, mais rien qui ne puisse être résolu, de l’aveu même des plus virulents. «Le code est plutôt propre, ils ont fait du bon travail», saluait ainsi Baptiste Robert, spécialiste de la cybersécurité, connu sous le pseudonyme d’Elliot Alderson. Il note «des erreurs plus ou moins graves, mais rien de catastrophique».

Mais comme beaucoup, il reste convaincu que StopCovid «est un pas vers une mauvaise direction ». Amnesty International estime pour sa part que «toute application permettant de retracer les actions et interactions des personnes s’apparente à de la surveillance et constitue de fait une menace pour le droit à la vie privée». La question sous-jacente est bel est bien de savoir s’il est possible de faire confiance à l’État français pour la gestion de données personnelles. Ou si, comme certains l’affirment, il est plus judicieux de les confier à Apple et Google. Le débat est complexe.

De son côté, le gouvernement français se défend de vouloir ouvrir une brèche et de profiter de l’occasion pour instiller l’idée qu’une application de suivi des populations est une solution efficace pour lutter contre une pandémie ou tout autre chose. En signe d’apaisement, il a fait inscrire dans le décret d’application du 29 mai qu’il s’arrêtera dans les six mois maximum «après la cessation de l’état d’urgence sanitaire».

Pour d’autres, cette application est un des outils indispensables au déconfinement. Dès la fin avril, l’Académie de médecine expliquait que l’identification des patients contagieux «pouvait être aidée par une application». Cédric O, secrétaire d’État au Numérique a ainsi expliqué au Figaro que StopCovid faisait partie des «gestes barrières» à adopter pour faire barrage au coronavirus, au même titre que le port du masque ou le lavage des mains. À chacun de choisir.



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