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Economie

Suez entre en résistance contre Veolia, son nouvel actionnaire à 29,9 %


«D’une manière hostile et dans des conditions inédites et irrégulières.» Le communiqué publié par Suez au lendemain de la décision du conseil d’administration d’Engie de céder 29,9 % de Suez à Veolia est limpide: l’ex-Lyonnaise des eaux reste hostile au projet de son rival de toujours. «C’est la colère qui domine aujourd’hui», constate, dépité, Guillaume Thivolle, administrateur représentant les salariés actionnaires au conseil d’administration de Suez.

Philippe Varin, le président de Suez, a même envoyé une lettre à Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, pointant plusieurs anomalies commises par Engie, selon lui. Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie, aurait évoqué le caractère «inamical» de l’offre portée par Ardian et soutenue par le conseil de Suez. «Ceci pose la question de la loyauté de notre actionnaire de référence dans ce processus, Suez se réserve donc le droit d’agir en justice à son encontre», menace Philippe Varin.

Un mauvais comportement dont Engie se défend. Dans un entretien au Monde, Jean-Pierre Clamadieu conteste «avoir voulu défier l’État», qui a voté contre cette vente, et assure avoir cherché «à créer les conditions d’un dialogue». Concernant Ardian, Engie exigeait une offre engageante avec un prix fixé, pour pouvoir l’examiner. Cela semble avoir conduit le fonds d’investissement à ne pas la présenter devant le conseil du vendeur.

Renouer le dialogue

Chez Veolia, on insiste sur l’importance de renouer le dialogue. «Il faut que la poussière retombe, que l’émotion se tasse et que la raison revienne», explique au Figaro Antoine Frérot, PDG du groupe, qui affirme: «d’ici deux à trois mois, nous pouvons parvenir à un accord».

La vision du gouvernement est proche. «Un accord amiable était possible, a souligné Bruno Le Maire, sur Franceinfo mardi matin. Nous étions à quelques centimètres d’un accord. Nous nous sommes heurtés à l’intransigeance des uns et à la précipitation des autres», pointant à la fois Suez, pour l’intransigeance, et Veolia, pour la précipitation. À l’Assemblée nationale, le premier ministre Jean Castex a fait part de sa volonté que «ces discussions se poursuivent».

Cet optimisme est loin d’être partagé par tous chez Suez. «On voudrait convaincre Antoine Frérot que son projet n’a pas de sens économique», souligne Guillaume Thivolle. Suez indique son intention de «mettre en œuvre tous les moyens à sa disposition» pour éviter «une prise de contrôle rampante ou un contrôle de fait» de Veolia.

Certains, chez l’ex-Lyonnaise des eaux, estiment toutefois qu’il faut calmer le jeu. La priorité est de se tourner vers les salariés du groupe, troublés par les événements des dernières semaines. «Il faut faire redescendre la pression, confie une source proche de Suez. L’urgence n’est pas à discuter.»

Il faut faire redescendre la pression. L’urgence n’est pas à discuter.

Une source proche de Suez

Suez cherche à éviter au maximum l’influence de Veolia. Le groupe d’Antoine Frérot n’aura pas de représentant au conseil d’administration. Et, même en assemblée générale, il ne devrait pouvoir participer aux votes que sur les sujets où ses intérêts patrimoniaux sont en jeu. «Un bloc de contrôle ne donne pas le contrôle d’une société», prévient un proche de Suez. Cette volonté d’indépendance risque de contrarier Veolia.

Lundi soir, le nouveau principal actionnaire de Suez prévenait qu’il «se réserve la possibilité de ne pas déposer d’offre publique dans l’hypothèse d’une cession par Suez de tout actif stratégique». L’objectif de Veolia est bien de lancer cette offre publique à 18 euros, le prix offert à Engie. Il l’assortit d’un certain nombre de conditions, qui pourrait rendre compliquée la tâche des dirigeants de Suez.

Leur volonté de poursuivre la mise en œuvre de leur plan stratégique n’empêchera pas la tenue de discussions avec Veolia. «Il y a des pressions fortes pour qu’on discute», concède-t-on du côté de Suez. Mais pas immédiatement.

Les sujets de la garantie des emplois, avec une transformation des promesses de Veolia en garantie juridique, des modalités de l’offre publique ou des cessions d’actifs, sont envisageables. Les négociations sur le démantèlement de Suez sont plus difficiles à envisager. Même si Veolia a fait des efforts sur le périmètre des actifs que son partenaire Meridiam peut récupérer. Dimanche, en fin de journée, la proposition d’Antoine Frérot portait sur 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec les actifs eau en France, mais également à l’international.

En cas de fin de non-recevoir durable de la part du conseil de Suez, Veolia dispose d’une dernière arme: l’assemblée générale des actionnaires. Le groupe d’Antoine Frérot pourrait avoir le soutien de certains actionnaires minoritaires. Suffisamment pour renverser le conseil?



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