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Economie

Suez et Veolia font monter la pression


Suez a annoncé avoir signé un accord pour vendre à l’australien Cleanaway son activité déchets dans ce pays.

Au tour de Suez de mettre un coup de pression: le groupe a signé un accord pour vendre à l’australien Cleanaway son activité déchets dans ce pays, un actif que Veolia juge «stratégique» pour son OPA sur son rival.

La réalisation de cet accord dépendra du «résultat des négociations» sur les termes de l’OPA de Veolia sur Suez, précise cependant ce dernier dans un communiqué publié dans la nuit de lundi à mardi. Les deux fleurons français du secteur de l’eau et des déchets s’affrontent depuis que Veolia a acquis en octobre 29,9% de Suez auprès d’Engie avant de lancer une OPA sur le reste des actions. Depuis sept mois, ils multiplient recours en justice, invectives par voie de presse, coups de pression et de semonce.

L’accord avec Cleanaway intervient dans le cadre d’un plan stratégique de cessions-acquisitions lancé par Suez pour se recentrer sur certaines activités. Mais Veolia peut encore prendre le contrôle de ces actifs, «notamment sur la base de la proposition» qui lui a été faite par Suez sur les termes de son OPA, a souligné Suez mardi. «Nous avons renégocié (avec Cleanaway) pour que Veolia puisse prendre le contrôle de cet actif», a dit Philippe Varin, le président de Suez, à la presse mardi. «Nous continuons de souhaiter une solution amicale et négociée» avec Veolia, d’ici le 20 avril.

Mais pour Veolia, cette vente potentielle «constitue un obstacle supplémentaire» à la reprise de son rival. «Suez semble encore vouloir tout faire pour rendre impossible la conclusion d’un accord avec Veolia», a déploré ce dernier dans un communiqué mardi soir. Veolia propose de maintenir un Suez France dont il céderait tous les actifs nationaux au fonds Méridiam, mais Suez, soutenu par les fonds Ardian et GIP, souhaite conserver aussi les activités «Eau et Technologie» à l’international. Suez souligne en outre que sa valorisation va bien au-delà des 18 euros par action proposée par Veolia dans son OPA, comme le montre le montant atteint par ses actifs australiens: 2,52 milliards de dollars australiens (1,63 milliard d’euros), soit 12 fois l’excédent brut d’exploitation 2020 de l’entreprise.

Rappel à l’ordre de l’AMF

Veolia, qui a effectivement déposé son OPA le 8 février, était revenu à la charge lundi. Le groupe a enjoint à Suez de «désactiver» une fondation destinée à bloquer la cession de ses actifs Eau, tout en l’appelant au «dialogue», profitant d’un rappel à l’ordre émis peu avant par l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Le gendarme de la Bourse a estimé vendredi que les moyens employés par Suez pour contrer l’appétit de Veolia portaient «atteinte» à plusieurs principes de fonctionnement des marchés, dont l’obligation de transparence et de loyauté dans les transactions. Mais pour Suez, cette position de l’AMF est «incompréhensible», a estimé Philippe Varin. «Elle est contraire à la loi Florange, c’est même un précédent historique: elle signifie que tout opérateur français sous le coup d’une OPA ne pourrait plus prendre de mesures pour s’en défendre!», a-t-il ajouté, se disant «prêt à un recours» contre la position de l’AMF. «Depuis le début, l’AMF prend systématiquement parti en faveur de Veolia», selon Guillaume Thivolle, président de l’Association des salariés actionnaires de Suez (5,6% du capital). D’abord «en acceptant l’entrée au capital de Suez sans contraintes, en acceptant le renoncement à l’amicalité de Veolia et, aujourd’hui, en renonçant à la possibilité pour les actionnaires de Suez de bénéficier d’une meilleure valorisation».

Quand Veolia vante la construction d’«un grand champion mondial» du secteur, Suez met en avant le besoin d’«agilité» des entreprises et son propre plan stratégique de développement à horizon 2030. Les deux ennemis devaient se retrouver mardi pour une audience devant le tribunal de commerce de Nanterre: Veolia a déposé un recours contre la vente d’activités stratégiques de Suez, accusant sa direction de vouloir dépecer le groupe. Mais l’audience a été reportée à une date qui doit encore être déterminée, selon les deux parties et le tribunal. In fine, faute d’accord sur les termes de l’OPA, il devrait revenir aux actionnaires de Suez d’arbitrer le duel à la prochaine assemblée générale, attendue d’ici fin juin.



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