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Finance

Swiss Re passe 2,2 milliards de dollars de provisions liées au Covid-19



Publié le 31 juil. 2020 à 18h55

Le paquebot de la réassurance tangue mais ne rompt pas face à la déferlante de la pandémie. Dix jours après son avertissement sur résultats, le réassureur suisse Swiss Re vient certes d’annoncer un montant astronomique de 2,5 milliards de dollars de sinistres et de provisions sur le premier semestre, faisant plonger son résultat net dans le rouge à hauteur de 1,1 milliard de dollars. 70 % de ce montant de provisions couvre des pertes « avérées mais non encore déclarées », précise le réassureur.

Hors pandémie Covid-19, le réassureur de Zurich aurait affiché un profit net de 865 millions de dollars. Toutefois, le groupe maintient son ratio de solvabilité au-dessus de son objectif de 220 %. Surtout, il estime que le pire est désormais derrière et il ne s’attend pas une « deuxième vague », même s’il se refuse au jeu des perspectives chiffrées sur le reste de l’année.

La semaine dernière, son concurrent français Scor avait annoncé un coût du Covid-19 de 456 millions d’euros dans ses comptes, même si le groupe n’a reçu que 74 millions d’euros de déclarations de sinistres lors de la publication des résultats semestriels. Du coup, cet « earning event », selon l’expression du PDG, Denis Kessler, fait plonger le bénéfice net du quatrième réassureur mondial à 26 millions d’euros.

Impact différent selon les métiers

Enfin, Munich Re, dont les résultats définitifs seront publiés le 6 août, a déjà révélé des pertes d’environ 700 millions d’euros, largement imputables au Covid-19, notamment en raison de l’annulation ou du report de grands événements, comme les JO de Tokyo.

Le réassureur suisse a clairement privilégié une approche prudente de la crise alors que la profession souligne les « incertitudes considérables » qui demeurent à la fois sur l’évolution de la pandémie et son impact à moyen terme de l’économie. Pour l’heure, la crise du coronavirus affecte différemment les lignes de métier.

Jusqu’ici, la pandémie n’avait qu’un impact faible sur le risque de mortalité, rarement assuré. Mais l’explosion des décès aux Etats-Unis pourrait changer la donne. Le virus affecte, en revanche, la réassurance de dommages aux biens et de responsabilité (P & C). Et parmi les branches les plus touchées figurent la responsabilité professionnelle, la réassurance crédit et les annulations d’événements.

Deux lueurs d’espoir

Deux lueurs d’espoirs toutefois. Tout d’abord, la demande d’assurance, et donc de réassurance, devrait augmenter lors de la reprise économique attendue en 2021, et même dépasser ses niveaux d’avant crise dès l’année prochaine, du moins dans les dommages, selon une étude publiée par Swiss Re Institue début juillet. Ensuite, les réassureurs ont sensiblement durci leurs conditions tarifaires lors des campagnes de renouvellement de l’été, selon l’agence de notation Fitch. « En juillet, les prix ont augmenté de 6 % dans l’assurance dommages », confirme Swiss Re. Sans compter que les réassureurs, de plus en plus concentrés, devraient également resserrer leurs conditions de souscription, avec à la clé, des exclusions de plus en plus explicites.



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