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Economie

Taxer l’immobilier des plus aisés: l’idée fait son chemin


La CFDT réclame de taxer le patrimoine immobilier des plus fortunés. Le gouvernement réaffirme ne pas vouloir augmenter les impôts.

C’est une petite musique qui monte, qui monte: taxer les plus riches pour les obliger à participer à l’effort national face à la crise. Début avril, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT avait déjà lancé le débat en réclamant le retour de l’ISF.

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Désormais, il parle d’instaurer une tranche d’impôt sur le revenu supplémentaire – une idée lancée par l’acteur Vincent Lindon -, de taxer les entreprises du numérique mais aussi le patrimoine immobilier des plus fortunés. «50% du patrimoine immobilier est détenu par 10% de la population (française)», a affirmé Laurent Berger mardi sur France 2.

Le leader syndicaliste s’appuie, en cela, sur une étude de l’Insee publiée fin 2019. Mais sa déclaration est inexacte. Selon l’institut, c’est la moitié (46% exactement) du patrimoine total des Français (incluant immobilier et valeurs mobilières) qui est détenu par 10% des ménages. Quant à l’immobilier (qui représente 61% du patrimoine total), les 10% les plus riches en détiennent 42%. Pour rappel, la fiscalité immobilière rapporte quelque 78 milliards d’euros par an alors que les aides lui coûtent moins de 40 milliards, selon le dernier rapport de la Commission des comptes du logement (pages 40 et 45).

Surtaxer l’immobilier, un certain Emmanuel Macron y était favorable. C’était il y a quatre mois, lors d’un débat avec les «gilets jaunes». Interpellé par un intervenant qui suggérait de «réguler» les plus-values sur les résidences principales, le président de la République avait répondu que «l’idée est très bonne ». Depuis, la colère des «gilets jaunes» s’est apaisée et l’idée a été enterrée. Même si à l’époque, un certain Bruno Le Maire avait confirmé la piste mais uniquement pour les «plus gros biens immobiliers ».

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Aujourd’hui, le contexte a changé et le ministre de l’Économie et des finances a promis, à plusieurs reprises, que les impôts n’augmenteraient pas. «Il n’y aura pas et il ne peut y avoir d’augmentations d’impôts parce que ce serait totalement contradictoire avec notre volonté de relancer la consommation, la demande et l’économie française. Le bon sens, c’est de continuer à baisser l’impôt sur les ménages (IR, taxe d’habitation)», a réaffirmé Bruno Le Maire sur RTL mardi.

Mais alourdir la fiscalité immobilière des plus fortunés pour ne pas augmenter celle des ménages moins aisés, serait tentant. «Avec la crise économique qui s’annonce et l’augmentation du chômage qu’elle devrait entrainer, le maintien des réformes de l’assurance chômage et des retraites, tout comme celle des APL, serait incompréhensible pour les Français, analyse Pierre Madec, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques. Pour ce qui est de la réforme de la taxe d’habitation, dans un contexte de nécessaire redressement des comptes publics et de soutien au pouvoir d’achat des plus modestes, il semble compliqué de la maintenir pour 2021. Compte tenu des circonstances exceptionnelles, la suppression totale de la taxe d’habitation, bien que réclamée par le Conseil Constitutionnel, pourrait être reportée».

Cette année, la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers arrivera à son terme. L’an prochain, débutera – et ce, jusqu’en 2023 – celle pour les 20% les plus aisés. Pour l’heure, le gouvernement assure que la réforme de cet impôt, jugé «injuste » par Emmanuel Macron, ne sera pas reportée, tout comme celles de l’assurance chômage, des retraites et des APL.

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En taxant l’immobilier des plus aisés pour combler le déficit, Emmanuel Macron s’assurerait certes des recettes importantes et prouverait aux «gilets jaunes» qu’il n’est finalement pas le président des riches. Mais a contrario il risque de provoquer une crise immobilière. «Inquiets, les propriétaires bailleurs peuvent faire le choix de retirer leurs biens de la location ou de réorienter leurs investissements», met en garde Jean-Marc Torrollion, président de la Fédération nationale de l’immobilier, dans une tribune aux Échos.





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