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Economie

Twitter suspend le compte de Donald Trump de façon permanente


Avec plus de 88 millions d’abonnées, le réseau social était le principal instrument de la carrière politique du républicain.

De notre correspondant à Washington

Twitter a pris contre Donald Trump une sanction politique sévère en suspendant définitivement son compte vendredi 8 janvier. De plus en plus isolé politiquement après que ses partisans aient investi le Capitole et interrompu le décompte des voix de l’élection présidentielle, Donald Trump s’est vu soudain et sans préavis privé de son moyen de communication favori, qui lui permettait de s’adresser directement à ses plus de 88 millions d’abonnés.

La mesure a été annoncée par Twitter, qui l’a justifiée en citant les deux derniers messages de Trump publié vendredi. L’un qualifiait ses partisans de « patriotes », et l’autre annonçait qu’il ne participerait pas à l’intronisation de son successeur le 20 janvier prochain. Twitter a considéré qu’ils violaient les règles interdisant les appels à la violence. Les messages « étaient très susceptibles d’encourager les gens à reproduire les actes criminels qui ont eu lieu au Capitole le 6 janvier 2021 », a déclaré la compagnie californienne.

Quelques minutes plus tard, le compte de @RealDonaldTrump sur Twitter est devenu inaccessible, et les dizaines de milliers de messages envoyés par le président depuis des années avaient disparus, remplacés par l’avertissement : «Compte suspendu».

Le président a passé la soirée à essayer d’échapper à cette mise à l’index, en publiant ses messages sur d’autres comptes, avant d’être rattrapé et censuré par Twitter.

Trump a ainsi essayé de diffuser un message sur le compte officiel du président américain, @POTUS : « Comme je l’annonçait depuis longtemps, Twitter est allé de plus en plus loin pour entraver la liberté d’expression, et ce soir, les employés de Twitter se sont entendu avec les démocrates et la Gauche radicale en suspendant mon compte de leur plate-forme, pour me faire taire, en même temps que VOUS, les 75 millions de grands patriotes qui avez voté pour moi », a écrit Trump. « J’avais prédit que cela allait arriver. Nous avons négocié avec plusieurs autres sites, et allons faire bientôt une grande annonce, tout en examinant la possibilité de créer notre propre plate-forme dans un avenir proche. Nous ne nous laisserons pas réduire au SILENCE ! Twitter ne défend pas la liberté d’expression. Twitter est une plate-forme qui fait la promotion de la gauche radicale et où les individus les plus néfastes peuvent parler librement ».

Les médias conservateurs et les derniers alliés de Trump ont aussitôt dénoncé une mesure « Orwellienne » et mis en garde contre la fin de la liberté de parole aux Etats-Unis. Ils ont aussi contesté le pouvoir de censure exercé par une poignée de dirigeants non élus de grandes entreprises californiennes. Les partisans de Trump ont appelé à utiliser d’autres réseaux sociaux ne pratiquant pas de censure, comme le conservateur Parler.

Twitter avait lancé mercredi un avertissement à Trump en suspendant provisoirement son compte, où il continuait de lancer ses accusations de fraude électorale après que ses partisans aient attaqué le Capitole. Le compte avait été rétabli jeudi soir. Mais après une vidéo appelant à l’apaisement, Trump avait repris ses messages de défi vendredi matin. Facebook a aussi banni Trump de sa plateforme jusqu’à la fin de son mandat, le 20 janvier.

Instrument

Twitter a été le principal instrument de la carrière politique de Donald Trump. Il avait été l’un des premiers à adopter ce réseau, qu’il avait rejoint dès 2009, pour en faire une tribune depuis laquelle il s’adressait directement à ses abonnés, donnant son avis ou exprimant son désaccord sur les sujets les plus variés.

En 2011, Trump avait pris conscience de la puissance de Twitter, où il avait commencé à diffuser la théorie complotiste selon laquelle Barack Obama n’était pas un citoyen américain. Lors de sa campagne présidentielle en 2015, il avait utilisé ses messages incendiaires sur Twitter pour occuper le terrain médiatique et prendre le pas sur ses concurrents. Lançant ses attaques, faisant des commentaires, parfois diffusant plusieurs dizaines de messages par jour, son compte Twitter était l’arme favorite de Trump. Une fois élu, il a continué à recourir à ce réseau pour mener sa politique, procéder aux annonces gouvernementales, aux nominations et aux démissions, et mener sa diplomatie. En s’adressant directement à ses abonnés, Trump était indépendant du bon vouloir des médias qu’il affirme détester, tout en leur imposant les sujets qu’il souhaitait. La suspension de ce compte prive Trump de son principal moyen de communication avec ses partisans. Elle contribue aussi à alimenter dans l’esprit des millions de fidèles du président sortant qu’il est victime d’un vaste complot impliquant l’ « Etat profond », le parti démocrate et les compagnies multinationales technologiques.

À voir aussi – Trump – Appel au calme: faut-il le croire?



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