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Economie

Uber France veut sortir du diesel et vise 50% de véhicules électriques en 2025


Uber passe la cinquième sur le véhicule propre. « Le groupe s’engage à devenir une plateforme entièrement zéro émission d’ici à 2040 », affirme son PDG, Dara Khosrowshahi dans un post publié mardi. Traduction, tous ses VTC seront électriques d’ici là. Avec, à la clé, 800 millions de dollars pour aider ses chauffeurs à s’équiper de voitures moins polluantes, mais aussi plus chères que les véhicules thermiques.

Les objectifs sont même plus ambitieux en Amérique du Nord et en Europe – territoires les plus sensibles au réchauffement climatique- avec la volonté de 100 % des courses en véhicules électriques en 2030. Si Uber enclenche cette révolution, c’est pour anticiper le bannissement des voitures thermiques qui sera décidé tôt ou tard par les grandes métropoles.

En France, ce plan va très vite entrer dans une phase opérationnelle avec un agenda plus serré : d’ici à 2024, Uber veut bannir les voitures diesel de sa flotte et avoir en 2025 50 % de véhicules électriques, soit 15.000 unités. Le groupe part de loin : « Aujourd’hui, 17 % de nos véhicules sont hybrides ou électriques, avec une grande majorité d’hybrides », reconnaît Laureline Serieys, directrice générale d’Uber France.

Pour inciter, obliger, ses chauffeurs à abandonner les voitures polluantes dans l’Hexagone, le groupe a prévu un budget de 75 millions d’euros. Comme souvent chez Uber, il ne s’agit pas de subventions sans condition mais d’un système complexe favorisant les chauffeurs les plus actifs sur la plateforme. « Un chauffeur qui utilise l’appli 42 heures par semaine aura droit à 4500 euros au bout de trois ans. Pour un chauffeur qui travaille pour nous 15 heures par semaine, l’aide sera d’environ 1600 euros », explique Laureline Serieys. Explication : 50 % de ce coup de pouce sera financé par l’augmentation des courses de trois centimes par kilomètre et Uber mettra le complément.

Pour tenir son agenda français, Uber va progressivement renforcer la pression sur ses chauffeurs : en 2021, ceux avec une voiture diesel neuve ne pourront plus se connecter à l’appli ; à partir de 2022, ils seront aussi mis à l’index avec une nouvelle voiture diesel d’occasion.

Renault et EDF partenaires

Pour aider les chauffeurs à faire le grand saut, Uber a passé une série de partenariats. Nissan et Renault feront des prix sur leurs voitures électriques (Leaf, ZOE…) aux conducteurs de VTC. « On leur proposera aussi des petits tarifs pour installer des bornes de recharge à leur domicile », affirme Yannick Duport, directeur mobilité chez EDF. Enfin, la start-up Power Dot va ouvrir quatre sites de recharge rapide de batteries dans Paris réservés aux chauffeurs Uber.

Toutes ces aides suffiront-elles alors que les chauffeurs souffrent du ralentissement de l’activité entraîné par la pandémie ? Cela dépendra du montant des subventions publiques à l’achat de véhicules électriques qui n’est pas fixé pour les prochaines années. Une chose est sûre : il ne faut pas s’attendre à ce que beaucoup de conducteurs abandonnent leur véhicule thermique en 2021. S’ils jouent le jeu, ils le feront plutôt en 2023 ou 2024, au moment où ils auront droit à la subvention la plus élevée financée en partie par l’augmentation des courses.



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