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Economie

Un ancien cadre de Google écope de 18 mois de prison pour vol de secret industriel


C’est une affaire d’espionnage industriel qui agite la Silicon Valley depuis maintenant trois ans. La justice californienne a condamné ce mardi Anthony Levandowski à 18 mois de prison pour avoir volé des secrets de fabrication des voitures autonomes de Google, avant de prendre la tête du programme concurrent d’Uber Technologies Inc.

En 2009, cet ingénieur intègre le «Project Chauffeur», programme de voitures autonomes de Google dont il est l’un des membres fondateurs. Il contribue à ce projet jusqu’en 2016, date à laquelle il démissionne et quitte la firme. Cette même année, le projet «Chauffeur» devient Waymo, une filiale de Google entièrement consacrée aux logiciels de conduite autonome. Mais alors qu’Anthony Levandowski prépare son départ de Google, il copie sur son ordinateur personnel plus de 14.000 documents confidentiels portant sur la fabrication des voitures autonomes. Il emporte avec lui des plannings de développement, et surtout les plans du système LiDAR (pour Light Detection And Ranging), système crucial qui permet aux voitures autonomes de mesurer les distances et détecter les obstacles.

Après son départ de Google, Anthony Levandowski fonde Otto, une start-up qui conçoit des poids lourds autonomes. Quelque huit mois plus tard, Uber Technologies Inc. rachète Otto pour près de 700 millions de dollars. Au sein d’Uber, l’ingénieur est alors chargé de superviser le développement des voitures autonomes. Son destin bascule lorsqu’en février 2017 Waymo dépose plainte pour vol de secret industriel et violation de brevet contre Uber et sa filiale Otto. Sont visés les fameux capteurs LiDAR. Accusé du vol des 14.000 documents de Google, Anthony Levandowski est licencié par la société de VTC en mai 2017.

En août 2019, 33 chefs d’accusation sont retenus contre l’ingénieur. Anthony Levandowski ne plaide coupable que pour l’un d’entre eux – le vol de secret industriel – en échange de l’abandon de tous les autres. Dans le cadre de cet arrangement, il admet avoir téléchargé ces documents dans son propre intérêt et celui d’Uber Technologies Inc. Il affirme aussi être conscient de la confidentialité des informations qu’il traitait lorsqu’il travaillait pour le projet « Chauffeur » de Google. Enfin, il reconnaît que les documents volés ont une valeur estimée à 1,5 million de dollars.

Outre la peine de 18 mois de prison, l’ingénieur a également été condamné à une amende de 95.000 dollars et à verser un dédommagement de 756.499 dollars à Waymo LLC. Il a aussi été condamné à trois ans de mise en liberté surveillée. Aujourd’hui âgé de 40 ans, Anthony Levandowski purgera sa peine plus tard, à une date inconnue, en raison des risques liés au Covid-19, précise le communiqué du département de la justice de Californie. Le juge William Alsup a qualifié cette affaire de «plus grand vol de secret industriel qu’il [ait] vu», rapporte Reuters.

La bataille judiciaire opposant Waymo et Uber se poursuit sur un autre front. Anthony Levandowski doit en effet 179 millions de dollars à Waymo. Un somme qui devrait selon lui être payée par Uber. L’entreprise refuse toutefois de payer ce montant. Par ailleurs, selon les informations de TechCrunch, Anthony Levandowski n’a pas dit son dernier mot : Uber n’ayant selon lui pas honoré une part de ses engagements dans le cadre du rachat d’Otto Trucking, il espérerait obtenir de la société 4 milliards de dollars. L’ingénieur n’a donc pas fini d’occuper la chronique judiciaire dans la Silicon Valley.



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