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Economie

un bistrotier s’oppose fermement au contrôle du passe sanitaire de ses clients


Dans ce vieux café situé à Saint-Malo, la présentation du pass sanitaire ne sera pas demandée, assure son gérant.

«Je suis bistrotier, pas contrôleur». Bien qu’il se défende d’être pas anti-vaccin, Jean-Jacques Samoy a pris sa décision : dans son bistrot, le pass sanitaire ne sera pas demandé aux clients. Déterminé, le cafetier de Saint-Malo connaît les sanctions – 45.000 euros d’amende et un an d’emprisonnement – et s’y prépare.

«C’est une question de principe». Pour le gérant du Café du coin d’en bas de la rue du bout de la ville d’en face du port dit La Java – les mesures annoncées lundi dernier par Emmanuel Macron sont inacceptables. Jean-Jacques Samoy est vacciné – «deux doses» -, ce n’est donc pas l’obligation vaccinale en elle-même qui l’exaspère mais plutôt son caractère implicite : «ils [le gouvernement] disent que c’est pas obligatoire mais savent très bien que quand on est pas vacciné on peut plus aller nulle part» s’indigne le gérant qui voit dans cette «hypocrisie totale (…) une annonce de communication» pour obliger les Français à se faire vacciner. Ce genre de stratégie est pour le cafetier particulièrement infantilisante. «On est des adultes, on n’a pas besoin d’être punis» estime le gérant qui plaide plutôt pour une responsabilisation par l’incitation.

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Faire la police, «ce n’est pas mon métier»

En outre, le bistrotier peine à saisir la logique de ces mesures. «Je suis un café, pourquoi moi j’appliquerais des trucs que le métro les bus, les RER n’appliquent pas?» s’interroge Jean-Jacques Samoy. Le gérant craint également pour ses salariés – «certains refusent de se faire vacciner» – qui risquent d’être licencié «alors que la profession cherche actuellement 150.000 personnes» pointe le cafetier. Trop d’incohérences pour le patron du bar qui ne peut de toute façon pas se résigner à contrôler les clients. « Il faudrait que je fasse la police mais ce n’est pas mon métier, je ne suis pas assermenté pour vérifier les papiers des gens, je ne suis pas juge», martèle-t-il.

«Ils vont faire de moi un martyr»

Le bistrotier ne reviendra pas sur sa décision et l’a rendue publique sur les réseaux sociaux. Une prise de position qui lui a déjà valu entre «300 et 400 menaces de mort» et une attaque informatique sur le compte Facebook du café. Ces intimidations, loin de décourager Jean-Jacques Samoy, renforcent plutôt sa détermination, «ils vont faire de moi un martyr de la révolution ! » s’exclame le gérant qui dit assumer les conséquences de cette décision. Le cafetier breton n’en est pas à son premier fait d’armes. Déjà en 2019, le gérant s’était exposé nu sur les réseaux sociaux pour dénoncer la haine des commentaires Trip Advisor. Avec le refus de l’extension du pass sanitaire, le bistrotier porte donc encore une fois ses convictions haut et fort.

Mais si ses précédentes prises de position lui avaient largement bénéficié – notamment en notoriété-, les 45.000 euros d’amende et la peine de prison d’un an l’engagent autrement. Le cafetier se dit toutefois prêt à accepter ces sanctions : il a déjà provisionné 45.000 euros pour l’amende et «prépare [sa] valise pour la prison». Que fera le bistrotier si son café est fermé ? Devant son bistrot situé au cœur du centre historique de Saint-Malo, Jean Jacques Samoy dit vouloir mettre «deux conteneurs» avant de partir s’installer «dans un pays où on a un peu plus de respect pour les gens».

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