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Economie

Un quart des entreprises diminuera sa masse salariale de plus de 10% d’ici la fin de l’année


Le climat d’incertitude est élevé et croissant avec la deuxième vague de Covid-19, selon le deuxième volet de l’étude «Accélérer ! Sur la compétitivité de l’économie et des entreprises françaises» réalisée par Syntec Conseil, le syndicat professionnel des sociétés de conseil en France, qui a sondé ses entreprises clientes.

Pourtant, avant que n’éclate la pandémie, les dirigeants portaient un regard positif sur les réformes améliorant la compétitivité (baisse du taux d’impôts sur les sociétés, exonération des cotisations sur les heures supplémentaires, transformation du CICE en baisse de charges). Désormais 60% d’entre eux prévoient une baisse d’au moins 10% de leur chiffre d’affaires cette année. Un tiers envisage même une chute de 30%. L’industrie et le BTP sont les plus pessimistes, devant le commerce et les services. Depuis la rentrée, 16% des sondés observent une reprise forte, tandis qu’elle s’avère plus modérée pour 42% ; ils sont enfin 18% à voir leur activité continuer à se détériorer de façon légère ou forte.

Des répercussions sur l’emploi sont à prévoir. Plus d’un quart des chefs d’entreprise envisagent une diminution de leur masse salariale de plus de 10% d’ici la fin de l’année. « Nous allons assister à une montée progressive du chômage en 2021, qui pourra aller jusqu’à 11%. Certains scénarios tablent même sur des taux de 12% à 13% », indique Olivier Marchal, administrateur de Syntec Conseil et président de Bain & Company France. Pour autant, le dialogue social reste jusqu’alors de bonne qualité pour la très grande majorité des entreprises (88%). « Cette crise a resserré les liens avec les entreprises », relève Jean-Luc Placet de PwC.

Des entreprises françaises plus endettées

L’étude de Syntec Conseil souligne par ailleurs une évolution des préoccupations des entreprises. Alors qu’elles étaient centrées sur l’urgence de la gestion de crise sanitaire en avril, elles sont désormais tournées vers des questions d’adaptation et de transformation pour rebondir. L’adaptation des modes de travail est un enjeu important pour 45% d’entre elles. Dans ce contexte, le télétravail apparaît comme une nouvelle opportunité pour 59% des répondants. La nécessité d’apporter des réponses aux besoins des clients, le développement des compétences des salariés, et le renforcement de leur solidité financière figurent également au premier rang des priorités. « Plus endettées que la moyenne des sociétés européennes, les entreprises françaises doivent renforcer leur solidité financière, notamment par des fonds propres », pointe Olivier Marchal.

Concernant l’action menée par le gouvernement pour faire face à la crise, les mesures prises et la rapidité de mise en œuvre sont plébiscitées par les dirigeants. Quant au plan de relance, il est globalement satisfaisant pour 59%, mais 35% le jugent toutefois inefficace. S’agissant plus particulièrement du volet compétitivité de ce plan, la baisse dans la durée des impôts de production à hauteur de 20 milliards est appréciée par 71%. Il n’en reste pas moins que 19% d’entre eux pensent que leur compétitivité va se dégrader. Le coût de la main-d’œuvre et la fiscalité des entreprises sont perçus comme étant les principaux freins structurels. Les chefs d’entreprise se déclarent également de plus en plus préoccupés par la dépense publique et sont inquiets de l’accroissement du déficit et de la dette.

Au regard de ces éléments, Syntec Conseil estime qu’il manque certaines mesures dans le plan de relance. Parmi lesquelles l’extension du dispositif de suramortissement fiscal numérique afin que la crise ne ralentisse pas la transformation digitale des entreprises, ainsi que la facilitation du recours à la commande publique par un relèvement des seuils. Compte tenu des difficultés de certaines entreprises qui risquent prochainement de faire l’objet de rachats ou de fusions, il propose que des mesures de sauvegarde de l’emploi soient prises lors de toutes fusions-acquisitions. Ils réclament par ailleurs de la visibilité sur l’évolution du cadre réglementaire et fiscal. Enfin, si la baisse des impôts de production est une belle étape franchie, ils considèrent qu’il faut aller encore plus loin, en passant d’une diminution de 10 à 20 milliards par an de façon pérenne.

À VOIR AUSSI – Covid-19: «Le dispositif d’aide aux entreprises vise à couvrir le maximum de dégâts possibles» analyse Marc Landré



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