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Economie

une conférence européenne sur la souveraineté alimentaire prévue «à la rentrée»


«La souveraineté alimentaire est la priorité». Invité ce jeudi matin sur Public Sénat, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a reconnu que la crise du coronavirus avait mis la chaîne alimentaire sous tension. À présent il faut, selon lui, la repenser.

«Mi-mars, nous avions peur que la chaîne alimentaire ne tienne pas. Je peux comprendre la peur de nos concitoyens qui se sont rués dans les supermarchés pour acheter des pâtes, de la pâte à tartiner… Ils avaient peur de manquer. Pourtant ce sont des jeunes, qui n’ont jamais connu la guerre», et qui n’ont donc jamais connu de véritable pénurie, a fait valoir Didier Guillaume. «Mais la chaîne de production a tenu. Ça a permis de faire manger les Français, ça leur a permis de redécouvrir les produits français, de se rendre compte qu’ils sont bons».

«Patriotisme alimentaire»

Fervent défenseur du «patriotisme alimentaire», Didier Guillaume voit dans cette crise une occasion de repenser les circuits de production. «Nous allons organiser une grande conférence sur la souveraineté alimentaire à la rentrée», a-t-il indiqué. Une conférence qui serait organisée avec les partenaires européens de la France, «l’échelle (à laquelle) nous pourrons avancer», «fin septembre ou début octobre». «Nous dirons quelles sont les priorités, ce sur quoi la France doit être souveraine.»

Didier Guillaume ne nie pas que le «patriotisme alimentaire» aura un impact sur le porte-monnaie des Français. «Oui, les produits français sont plus chers. Ils sont plus chers que les produits espagnols, ils sont plus chers que les produits allemands, parce que l’Allemagne emploie davantage de travailleurs détachés, estime-t-il, poursuivant: cela coûte plus cher de manger français mais ça crée de l’emploi. Et nos produits sont excellents au goût».

Le gouvernement souhaite notamment que la France gagne en souveraineté concernant son approvisionnement en protéines végétales. En 2017, selon les derniers chiffres connus, la France a importé 3,5 millions de tonnes de soja, sous forme d’huile ou de tourteaux (destinés à nourrir les bêtes d’élevage), selon le Comtrade, un organisme dépendant des Nations unies.

«Assurance récolte»

La chaîne de production alimentaire française a tenu durant la crise, mais elle a malgré tout souffert. «Je peux aujourd’hui vous affirmer que toutes les filières sont aidées, a affirmé Didier Guillaume. Nous allons mettre en place une assurance récolte pour l’agriculture. Aujourd’hui il y a tellement d’aléas climatiques. L’État ne peut plus subvenir à tout. Je souhaite que d’ici la fin de l’année cela se mette en place». Il s’agira d’une «assurance généralisée, mutualisée, pour sécuriser les agriculteurs et les producteurs».

Enfin, le ministre de l’Agriculture s’est dit favorable à ce que les traités de libre-échange futurs soient repensés et incluent une «exception agricole, une exception alimentaire», pour que l’«on n’échange pas l’agriculture contre des fusées et des avions».



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