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Economie

une étude pointe de nouvelles failles chez Facebook


La lutte contre la désinformation reste une problématique majeure pour Facebook. Si le réseau social a déployé d’importants moyens de modération depuis le début de la pandémie et multiplie les initiatives pour mettre en valeur les informations sanitaires faisant autorité, supprimer l’intégralité des fake news circulant sur un réseau aussi tentaculaire relève de l’impossible. Une étude publiée ce jeudi par la société américaine Newsguard met le doigt sur certains de ces «trous dans la raquette», en se penchant spécifiquement sur les contenus francophones.

«C’est une photo à l’instant T sur un échantillon qui n’est évidemment pas exhaustif», souligne Chine Labbe, qui gère les opérations de NewsLab pour la France. Cette start-up fondée en 2018 aux États-Unis est spécialisée dans l’identification des sites émetteurs de désinformation, et a conçu une extension de navigateur qui prévient automatiquement l’internaute s’il consulte un site propageant de nombreuses fake news.

Pour son étude, Newsguard s’est penché sur les pages Facebook francophones suivies par au moins 40.000 internautes et qui ont relayé dix des intox les plus vivaces sur la pandémie (la 5G est liée au coronavirus, la vitamine C ou l’ail permet de s’en protéger, Bill Gates est derrière la pandémie…). Douze pages, gérées depuis la France, la Belgique ou des pays d’Afrique francophone, et réunissant une audience totale de 3,3 millions de personnes, ont été identifiées. Newsguard a retenu un échantillon de vingt posts. Seuls quatre ont été traités par les fact-checkeurs partenaires du réseau social: un avertissement apparaît quand l’internaute tente de les consulter. «Les deux pages Facebook les plus populaires de notre échantillon ne portent aucun de ces avertissements», souligne Newsguard. Il s’agit de la page du site Epoch Times Paris (1,3 million de fans), et celle d’un pasteur congolais suivi par près de 750.000 fidèles.

Facebook examinera les posts incriminés

Donnée rassurante, la majeure partie des posts incriminés ont un engagement limité, avec une centaine de partages à leur actif. «Mais les centaines de milliers d’abonnés à ces pages ont potentiellement vu ces intox. Le dommage est là», argue Chine Labbe. Newsguard a publié une étude similaire la semaine dernière pour les pages Facebook anglophones. «Dans ces pays, les pages incriminées partagent à égalité des intox sur des remèdes miracles contre le coronavirus et des théories du complot sur l’origine de ce dernier. Sur les pages francophones, les théories du complot l’emportent» poursuit la responsable.

Newsguard n’entend pas jeter la pierre sur Facebook, «qui réalise un gros travail sur la désinformation. C’est un chantier massif, il est normal que des posts leur échappe», souligne Chine Labbe. Mais la société estime que sa solution, qui vise à avertir l’internaute avant qu’il ne clique sur un site douteux, pourrait permettre d’agir en amont. «80% des posts de l’échantillon renvoient vers des sites que Newsguard avait déjà identifié comme étant peu fiables», poursuit-elle. «Nous avons des discussions régulières avec Facebook depuis notre lancement en 2018, mais à ce stade ils ne souhaitent pas utiliser notre système, basé sur l’évaluation de la fiabilité globale des sites», indique la start-up.

Interrogé par le Figaro, Facebook rappelle avoir «supprimé des centaines de milliers de fausses informations nuisibles, et apposé des avertissements sur 40 millions de publications sur le seul mois de mars grâce au travail de vérificateurs d’informations indépendants.» Ces derniers vont se pencher sur les posts relevés par Newsguard.



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