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Economie

une liste de produits stratégiques proposée au gouvernement


Le document est intitulé: «Quelle stratégie de résilience face à la mondialisation?». Et le secteur de la chimie et de la pharmacie est très exposé.

Le Conseil d’analyse économique (CAE) a établi une liste des biens «stratégiques vulnérables» à la mondialisation, et appelle le gouvernement à s’en inspirer pour bien cibler les aides du plan de relance, dans une note publiée jeudi.

En analysant les données des Douanes sur près de 10.000 produits, les économistes Isabelle Méjean et Xavier Barajel ont identifié 644 «intrants» (composant ou bien intermédiaire) à risque car leur approvisionnement, majoritairement hors Union européenne, est concentré dans un faible nombre de pays fournisseurs.

En effet, comme le montre la pénurie de semi-conducteurs qui affecte actuellement l’industrie automobile, «la concentration – soit le fait que très peu d’entreprises produisent certains composants – peut créer des goulots d’étranglement» en cas de hausse soudaine de la demande, a relevé Isabelle Méjean lors d’une conférence de presse.

Certes, ces 644 produits ne représentent que 4% de la valeur des importations totales de la France, mais «on y trouve des minerais comme le tungstène, des produits de chimie inorganique comme l’iode, d’autres de chimie organique dont certains antibiotiques, ainsi que des appareils médicaux comme les IRM», est-il précisé dans cette note du CAE, qui conseille le gouvernement.

Le CAE recommande une «stratégie de résilience»

Le document est intitulé: «Quelle stratégie de résilience face à la mondialisation?». Et le secteur de la chimie et de la pharmacie est très exposé. Les économistes proposent d’aller plus loin en confiant à la Direction générale des entreprises, rattachée au ministère de l’Économie, la conduite de véritables «stress tests» sur les entreprises intégrées dans des chaînes de valeur pour éprouver leur capacité de résilience à des chocs susceptibles de perturber l’approvisionnement (pandémie, risques climatiques ou géopolitiques).

Le CAE recommande une «stratégie de résilience» en trois axes, en fonction de la situation de chaque produit: «encourager la diversification des approvisionnements ou des alliances stratégiques lorsque d’autres partenaires commerciaux peuvent être mobilisés, notamment au niveau européen»; «si la diversification n’est pas possible, faciliter ou subventionner le stockage, notamment sur les produits à faible valeur ajoutée»; enfin, «pour les intrants vulnérables à la frontière technologique, favoriser l’innovation pour produire sur le territoire national de manière compétitive».

L’absence d’une telle stratégie fait courir plusieurs risques au plan de relance, conclut le CAE: un «saupoudrage des aides», une forte augmentation des coûts de production en cas de relocalisation, sans oublier un «détournement» de l’aide vers des intérêts particuliers, via l’action des lobbies.



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