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Economie

Une vidéo violente montrant une décapitation a bien circulé sur TikTok


Divisée en deux parties, la vidéo a été retirée, assure la plateforme, qui présente ses excuses aux utilisateurs.

De nombreux internautes s’indignaient ce week-end d’une vidéo infâme circulant via l’application TikTok. Sur Twitter, des utilisateurs mettaient en garde leurs congénères, en les enjoignant de ne pas regarder la scène, macabre et traumatisante. «Une vidéo d’une fille de 14 ans se faisant décapité tourne de partout sur les réseaux donc si vous voyez le début d’un tikTok d’une gamine avec un short blanc et top noir surtout NE REGARDEZ PAS !!!», alertait l’un d’eux par exemple.

Que montrait précisément cette scène ? Commençons par vous conseiller de ne pas la regarder, les images étant choquantes. La vidéo, supprimée depuis dimanche mais encore visible sur plusieurs sites, est divisée en deux parties. Dans la première, une personne aux longs cheveux noirs, vêtue d’un short blanc et d’un haut noir danse, regardant la caméra, sur un fond musical. Il semble qu’il s’agisse d’une jeune femme de type asiatique. Un nom d’utilisateur – mayengg03 – apparaît en haut à gauche de la vidéo. Cette première partie reprend les codes classiques observables dans d’innombrables vidéos partagées sur TikTok.

Puis, quelques secondes plus tard, la scène change radicalement : on aperçoit alors une personne recroquevillée dans le coin d’une salle au sol carrelé, vêtue d’un t-shirt noir, avec un motif blanc, et d’un short ou d’un caleçon violet, se fait trancher la gorge. Deux individus, mains gantées, sont à la manœuvre. Insoutenable, la scène dure plusieurs dizaines de seconde.

La victime, qui ne réagit pas, semble soit inconsciente, soit déjà morte. On entend également les deux individus s’exprimer en espagnol, sans doute à la personne violentée : on distingue notamment les mots «puta madre» et «puto», à la traduction évidente. Si la victime a également les cheveux noirs, elle ne semble pas être la même personne que la jeune femme dansant dans la première partie de la vidéo.

TikTok s’excuse auprès des membres de sa communauté

Contacté par Le Figaro, TikTok nous précise que cette seconde partie de la vidéo, «au contenu inconcevable», provient d’un autre site : elle a été «intégrée à une vidéo puis transférée sur TikTok», précise un porte-parole. «La vidéo originale a rapidement été supprimée», ajoute le groupe, dont les systèmes «détectent et bloquent de façon proactive toute nouvelle tentative de téléchargement du clip – empêchant tout comportement malveillant – avant même qu’il ne puisse être vu». TikTok remercie également ses utilisateurs pour leur vigilance et leurs signalements et présente ses excuses «aux membres de notre communauté, y compris à nos équipes de modérateurs, qui ont pu visionner ce contenu».

Grâce à une recherche inversée d’image issue de la scène violente, nos confrères de Libération ont repéré que la seconde partie de la vidéo semble dater d’il y a quelques années, début 2019. Elle serait liée à l’assassinat d’un jeune homme au sud de Mexico City, au Mexique, à Morelos. La langue entendue sur la vidéo semble confirmer cette origine.

Modération prise en défaut

TikTok interdit clairement, dans ses conditions générales, les contenus «violents et visuellement explicites», y compris ceux «gratuitement choquants, sadiques ou macabres» ou qui encouragent la violence. Le réseau assure que ces règles sont appliquées de manière proactive, «avant même qu’un contenu ne nous soit signalé, en utilisant tant la technologie qu’une modération humaine». À titre d’exemple, au second semestre 2020, «près de 90 millions de vidéos ont été supprimées au niveau mondial pour violation» des règles de TikTok, indique le réseau dans son rapport de transparence, dont 83,3% avant qu’elles soient vues une fois. Sur ces millions de vidéos, 8,1% ont été supprimées à cause de contenus violents et visuellement explicites.

Reste que ces règles ont été clairement transgressées, dans le cas d’espèce, et que le contrôle a laissé passer un exemple particulièrement violent. Sans les nombreux signalements d’utilisateurs, dont certains se disent «traumatisés», la vidéo aurait pu continuer à circuler. Les réactions divergent, allant du choc à la nonchalance : «je suis encore traumatisée», écrit une utilisatrice sur Twitter, quand d’autres disent «c’est un peu dégueu», «c’est un peu choquant mais ça va» ou «en vrai y’a pire». Un flegme étonnant, devant la violence des images.



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