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Economie

Vacciner les salariés pour les faire revenir plus vite dans l’entreprise


Les entreprises, soucieuses de renforcer la sécurité dans leurs locaux, caressent quand même cet espoir.

Chez Bluelinea, société d’assistance aux personnes âgées, 80% des salariés ont reçu leur première dose de Pfizer. Ceux qui n’ont pas déjà reçu la seconde ont au moins déjà la date de ce deuxième rendez-vous.

Laurent Levasseur, le fondateur de cette entreprise francilienne, espère donc bientôt pouvoir tenir la promesse faite début mai à sa centaine de collaborateurs : quand plus de 75% d’entre eux ont reçu leurs deux doses, ils pourront revenir au bureau sans masque, ni jauge.

Le télétravail, 3 à 5 jours par semaine, sera alors ramené à deux jours maximum, le rythme de croisière prévu par les accords d’entreprise. Mais, bien sûr, officiellement, aucun contrôle ni sanction ne seront possibles pour les vaccinés qui auraient envie de prolonger malgré tout le travail à la maison.

Anonymat et volontariat

«Aujourd’hui, aucune entreprise ne peut demander à ses salariés s’ils sont vaccinés, ni exiger qu’ils télétravaillent moins dans ce cas, ni en prendre prétexte pour augmenter les jauges dans ses locaux puisque la vaccination n’est pas obligatoire et doit être anonyme», rappelle Muriel Pariente, avocat associée au sein du cabinet Ashurst.

Laurent Levasseur ne compte donc forcer ni contrôler personne. Il mise sur la confiance et la réassurance. «À partir du moment où l’entreprise a proposé la vaccination, elle ne peut plus être accusée de ne pas avoir rempli son obligation de protéger la santé de ses salariés quand ils reviennent au bureau, et peut donc, pour les vaccinés, alléger les contraintes», résume ce patron bien organisé.

Système D

Début mai, grâce à un accord avec le vaccinodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, il a pu obtenir jour après jour pour ses salariés – et leurs conjoints- des rendez-vous de dernière minute, en fin de journée, pour éviter que les doses de Pfizer ne soient perdues. «Les collaborateurs ont apprécié que les conjoints soient concernés aussi. Beaucoup d’indécis se sont alors décidés» ajoute-t-il.

La méthode est inhabituelle. Les sociétés qui souhaitent s’impliquer dans la vaccination s’organisent surtout d’ordinaire pour que leurs salariés soient vaccinés en interne, par le médecin du travail s’il est attaché à l’entreprise, ou dans les centres de médecine du travail, qui disposent des frigos nécessaires, des espaces de confidentialités adéquats, du personnel… «Dans ce cas, le salarié se déplace pour la vaccination sur son temps de travail, comme pour une visite médicale du travail» ajoute Muriel Pariente.

Vacciner dans les locaux n’est pas si simple

Les entreprises peuvent aussi organiser la vaccination dans leurs propres locaux si elles ont la logistique adéquate. «Mais elles en supportent les frais : seul le vaccin est mis à disposition gratuitement par la médecine du travail », souligne Sandrine Degos, fondatrice de Work n’Vax. Ce portail d’accompagnement des entreprises dans la campagne de vaccination peut fournir à la demande des services de vaccination «sur site».

Jusqu’à présent, les entreprises ont avancé sur ce terrain sur la pointe des pieds. Mais, depuis que la vaccination est ouverte à tous les adultes, elles s’intéressent davantage au sujet. «Elles étaient réticentes à ne proposer le vaccin qu’à certains salariés. Si tous y ont accès, et pas seulement avec AstraZeneca, c’est plus simple», note Sandrine Degos.

Sécuriser le retour au bureau

Pour certaines, prendre les choses en main permet aussi de limiter l’absentéisme lié aux files d’attente dans les centres de vaccination publics. «Surtout, celles qui y songent y voient un moyen de sécuriser le retour à la normale au bureau, à la rentrée, et d’augmenter l’immunité collective», ajoute Sandrine Degos.

Mais les collaborateurs, qui doivent être volontaires, seront-ils tentés? «Pour les premières sessions ouvertes à la demande des entreprises, il n’y avait pas foule, relate Sandrine Degos. Puis, le bouche-à-oreille a été positif.» Les salariés ont été rassurés de voir que l’anonymat était préservé et que des lieux ad hoc étaient prévus. «Maintenant, les plannings se sont remplis. Mais il est trop tôt pour mesurer quel est le taux de réticence au vaccin chez les salariés» conclut Sandrine Degos.



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