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Economie

Véran promet des hausses de salaires et une réforme du système


Quelques jours avant le début du «Ségur de la santé», le gouvernement est revenu sur ses ambitions pour l’hôpital. Lors du compte rendu du conseil des ministres, ce mercredi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a expliqué que «rien ne sera comme avant» pour le système de santé français. «La France entière a vu ce qu’elle devait aux soignants […] Les Français ont pris l’habitude de les applaudir, car ils aiment leurs soignants», a-t-il salué. Or, «l’engagement des soignants appelle plus que jamais notre engagement à les reconnaître pour ce qu’ils sont» et à transformer leur métier en conséquence.

«Ces dernières années, un mal-être a grandi dans l’hôpital», a reconnu le représentant du gouvernement, ajoutant que les «discours, lois et logiques comptables» ont pu «blesser, décourager» les professionnels. «Quand ils parlent d’un recul des priorités, le soin, la bienveillance et le bien-être des malades, cela doit nous interpeller». Les avancées mises en place jusqu’ici n’ont pas suffi : «avec Ma Santé 2022, nous avions de bons diagnostics, de bonnes orientations» mais ce plan n’allait «ni assez vite, ni assez fort».

Désormais, des «mesures d’ampleur, multiples, générales et dans une certaine mesure radicales» sont donc nécessaires. Des «leçons» doivent également être tirées de l’épidémie et de la manière dont celle-ci a été combattue à l’échelle locale par les soignants. «Des pratiques embryonnaires ont pris une proportion massive», comme la télémédecine, passée de 20.000 actes en 2019 à «plus d’un million d’actes par semaine» depuis la crise, a cité comme exemple Olivier Véran. L’épidémie a également brisé «des silos qu’on croyait aussi solides que les pyramides d’Égypte», poussant différents acteurs comme les soignants, directeurs d’établissement ou médecins généralistes à coopérer.

Vers des hausses de salaire à l’hôpital et en Ephad

Dans ces conditions, le gouvernement assure que la future transformation de l’hôpital sera radicale. «C’est à nous de changer. Le temps est venu de partager ensemble des ambitions inédites» pour réarmer le système de santé. Pour définir les changements à venir, «notre méthode sera l’écoute […] et notre boussole sera la confiance pour qu’ils écrivent, ensemble, le jour d’après», a précisé le ministre. Et d’ajouter que ces améliorations arriveront très vite : «je connais les impatiences […] nous irons vite, nous irons fort». Dès lundi, le «Ségur de la santé» doit être l’occasion d’une «concertation […] pour partager ce qu’il faut revoir, améliorer, conserver, simplifier, mieux valoriser», tant à l’hôpital que dans la médecine de ville.

Ces échanges doivent mener à une meilleure valorisation des carrières et des métiers de la santé. «Cela passera par une hausse des salaires à l’hôpital et en Ehpad», a-t-il déclaré, ainsi que par une «remise en question de certains carcans […], une meilleure valorisation du travail en équipe et donc des compétences acquises et missions exercées». La transformation doit également rendre le système de santé plus efficient : «notre système n’est pas encore assez performant, dans son pilotage et dans son organisation […] Nous dépensons beaucoup, avec des résultats perfectibles», a rappelé Olivier Véran. En termes organisationnels, les changements doivent rendre le système «plus simple et plus souple», car la «norme pour la norme […] et la suradministration n’ont pas de sens».

Le «Ségur de la santé» doit également mener à un «nouveau plan d’investissement pour les établissements de santé et les Ehpad», dont l’enveloppe n’est pas encore définie, ainsi qu’à de «nouveaux modèles de financement». La future organisation de la santé devra aussi être «plus collective entre l’hôpital, la médecine de ville et le secteur médico-social […] et plus proche des territoires».

» À VOIR AUSSI – «Tous les soignants ont touché une prime», assure Olivier Véran

Rendu final mi-juillet

Des échanges nationaux auront donc lieu, aux côtés de «sessions de partages d’expérience au sein des territoires de santé» pour faire remonter les «innovations». À cette échelle, Olivier Véran a ajouté qu’il pourrait compter sur «le soutien de Nicole Notat», ancienne secrétaire générale de la CFDT, qui sera «entourée d’experts». Début juin, l’exécutif mettra aussi en ligne un «espace d’expression pour tous les professionnels de santé, du médico-social et du grand âge» leur permettant de s’exprimer. Le rendu final devra avoir lieu durant l’été : «au plus tard mi-juillet, nous tirerons les conclusions de ces concertations», a déclaré le ministre. «Certaines mesures seront d’ordre réglementaires, d’autres législatives» et devraient être prises dans le cadre du futur projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS).

«Nous bousculerons les corporatismes, les habitudes, les inerties. Nous serons transgressifs s’il le faut. Nous revisiterons toutes nos certitudes», a martelé Olivier Véran. En outre, le ministre est revenu sur le bilan de l’épidémie, rappelant que «nul ne sait si c’est le jour d’après» : il faut donc «rester extrêmement vigilants», alors que le virus continue de circuler dans l’Hexagone.



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