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Finance

Wall Street attire toujours les entreprises chinoises



Publié le 27 juil. 2020 à 16h44Mis à jour le 27 juil. 2020 à 17h24

Les tensions entre Chine et Etats-Unis ont beau être maximales, les entreprises chinoises se bousculent toujours aux portillons des marchés américains. Elles sont même deux fois plus nombreuses que l’an dernier. Agora, un développeur de software, ou des biotechs, comme Genetron Holdings, Burning Rock Biotech et Legend Biotech font partie des 19 sociétés chinoises qui ont fait leurs premiers pas, depuis le début de l’année, sur la Bourse de New York ou sur le Nasdaq (contre seulement 9 l’an dernier).

Elles ont levé 2,9 milliards de dollars, soit 30 % de plus que sur les sept premiers mois de 2019. Ce chiffre pourrait encore sensiblement augmenter avec l’entrée en Bourse de la fintech Lufax. Soutenue par le holding financier Ping An Insurance, la société veut lever 3 milliards de dollars à Wall Street.

Environ 150 « grosses » entreprises chinoises, pesant ensemble 1.200 milliards de dollars, sont aujourd’hui cotées à la Bourse de New York. Toutes ne sont pas du monde de la « tech », comme Petrochina, Sinopec, des groupes pétroliers, ou China Life Insurance.

Par rapport aux marchés asiatiques, la Bourse de New York et le Nasdaq offrent des réserves abondantes de liquidités. Ils donnent aussi accès à de nombreux investisseurs qui ont des profils divers et variés et donnent une large couverture en matière d’analyse financière.

Pas les bienvenues

Pourtant, les entreprises chinoises ne sont plus forcément les bienvenues à Wall Street. En avril, la fraude massive de Luckin Coffee, le rival chinois du géant Starbucks , entré en fanfare sur le Nasdaq mi 2019, a laissé un goût amer aux investisseurs américains et aux autorités boursières qui ont été trompés. Mais surtout, elle a terni la réputation des autres entreprises chinoises désireuses de se faire coter aux Etats-Unis.

En mai, le Nasdaq a décidé de durcir les règles pour les introductions en Bourse des petites sociétés chinoises. Pour la première fois, il a fixé une valeur minimale à la taille des introductions en Bourse. Il veut imposer aux entreprises de lever plus de 25 millions de dollars lors de leur IPO ou, à défaut, au moins un quart de leur capitalisation boursière après la cotation.

Une loi pour exclure les entreprises chinoises

De son côté, le Congrès américain étudie une loi qui exclurait de Wall Street les entreprises chinoises qui ne soumettent pas leurs comptes au bureau de supervision de la comptabilité des entreprises publiques (PCAOB), sur les trois dernières années. Cette loi a été adoptée en mai au Sénat, et elle est désormais entre les mains des députés de la Chambre des représentants. Mais, les patrons des Bourses, à savoir du NYSE et du Nasdaq, ou encore le PDG de Vanguard, l’un des fonds d’investissement américains qui a le plus d’intérêts en Chine, ont exprimé leurs désaccords . D’un point de vue économique, le risque est trop grand de faire partir les entreprises chinoises vers d’autres places, qui n’auront pas les mêmes contraintes. Déjà, le géant de l’Internet Baidu a déclaré en mai, qu’il réfléchissait à sortir de Wall Street.



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