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Finance

Wall Street : les sociétés connectées au « clan Trump » résistent à la victoire de Joe Biden



Publié le 12 nov. 2020 à 14:18

Pour un patron américain, que vaut une poignée de main avec Donald Trump ou son successeur Joe Biden ? Des liens personnels et une longue amitié peuvent favoriser son entreprise dans l’attribution de contrats publics ou lui permettre d’avoir l’écoute présidentielle sur des sujets qui la concernent (guerre commerciale, taxes, régulation…).

Malgré la défaite de leur candidat, les sociétés « connectées » au clan Trump grâce notamment aux liens personnels de ses dirigeants ont très bien résisté à l’issue du scrutin et à l’alternance politique. Elle ne sonne pas la fin des bonnes affaires.

Fox et New York Times

Depuis l’élection du 3 novembre, le cours de la chaîne Fox News, un des médias favoris du républicain, a progressé de 1,7 %. Les entreprises connectées au clan Trump avaient connu une hausse d’une ampleur comparable juste après son élection de 2016. Pour les marchés, la défaite du républicain pourrait renforcer son statut de première chaîne opposante au pouvoir. L’activité et les résultats de Fox News en profiteraient. Les 72 millions d’électeurs ayant voté pour le républicain vont grossir son audience. A l’autre extrême de l’échiquier politique, l’action du «New York Times», un journal honni par Donald Trump a cédé 5 %. Sa défaite c’est aussi la fin d’un « bon client » pour les ventes du quotidien, qui a multiplié les enquêtes à charge contre le républicain.

Casinos et Goldman Sachs

Premier donateur privé à la campagne de Donald Trump avec 75 millions de dollars, Sheldon Adelson, le magnat de l’immobilier et des casinos n’a pas pénalisé le groupe dont il est propriétaire par son engagement politique. Le cours de Las-Vegas-Sands a bondi de 16 % depuis le 3 novembre. C’est aussi le cas pour Blackstone (+6,5 %), le fonds d’investissement américain. Son dirigeant, Stephen Schwarzmann, est un proche du président républicain. Il fut le premier donateur individuel de Wall Street avec près de 30 millions de dollars pour sa campagne.

La banque Goldman Sach, dont des anciens collaborateurs (Steve Bannon, Gary Cohn, Steven Mnuchin, secrétaire au Tréso) figuraient en bonne place dans l’administration Trump, a vu son cours gagner 10 %. Grâce à son immense réseau, la banque a démontré sa grande capacité d’adaptation au parti au pouvoir, démocrate ou républicain, et donc à l’alternance politique. Son cours a d’ailleurs bien mieux profité des deux mandats de Barack Obama, en progressant de moitié chaque fois que sous Trump (+12,5 %).

Opacité renforcée

Donald Trump n’a jamais caché qu’il préférait s’adresser à ses semblables, les patrons, qu’aux experts et aux hauts fonctionnaires. Il a voulu gérer l’Amérique comme une entreprise et grâce à ses contacts sur le terrain être au plus près de la réalité et de la santé de l’économie. Dès sa première année, il multiplie les réunions avec les entreprises de secteurs comme la défense, pharmacie, finance, commerce de détail et énergie. Sa première entrevue avec les grands dirigeants de Wall Street inclut Elon Musk (Tesla et SpaceX), Mark Fields (Ford) et Marilyn Hewson (Lockheed Martin). Tous ces grands groupes emploient aussi des lobbyistes et consultants qui font le siège du Congrès et de la Maison-Blanche pour contrarier tous les projets contre leurs intérêts (impôts, régulation…). Leur accès privilégié à des hauts responsables de l’administration et pour le compte d’entreprises privées alimente la controverse comme lors de la crise du COVID-19 . Rompant avec ses prédécesseurs, Donald Trump n’a plus rendu publics de manière systématique les noms de sociétés invitées à la Maison Blanche.



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