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Finance

Wall Street organise prudemment le retour au bureau



Publié le 5 avr. 2021 à 9:00

Pas de réunion sur Zoom le vendredi, et un jour de congé supplémentaire le 28 mai. A peine installée à la tête de Citigroup, Jane Fraser a imprimé son style sur les relations sociales au sein de la banque : empathique.

Consciente des effets néfastes de « l’effacement des frontières entre la maison et le travail » depuis le début de la pandémie, la PDG a aussi appelé à « limiter » les appels en dehors des heures classiques de travail et suggéré à chacun de prendre des vacances – comme elle -, a-t-elle expliqué dans une note de blog sur le « futur du travail à Citi ».

L’annonce pourrait paraître opportuniste, faite quelques jours après que de jeunes salariés de Goldman Sachs ont critiqué leurs conditions de travail, et alors que le PDG de la banque, David Solomon, qualifie le télétravail d’ « aberration que nous allons corriger aussi vite que possible ».

Mais la sortie n’était pas coordonnée, assure-t-on chez Citi. « En décembre, nous avons annoncé la création d’un congé sabbatique pour tous nos salariés avec au moins cinq ans d’ancienneté », rappelle une porte-parole de Citi. D’autres établissements chouchoutent aussi leurs salariés fatigués du télétravail : Jefferies a offert à ses jeunes recrues un vélo Peloton, un abonnement du sport à la maison Mirror ou des produits Apple…

« Ensemble au bureau »

Un an après le début du télétravail, les banques américaines sont confrontées à deux défis : organiser le retour au bureau, et continuer à attirer. « Nous pouvons constater, d’après les données, que de nombreux postes sont plus productifs à long terme si nous sommes ensemble au bureau », écrit Jane Fraser.

Citi vise un vrai retour des salariés en juillet – « au plus 30 % » – puis à « peut-être 50 % » en septembre. La plupart des postes seront en mode hybride, avec « au moins » trois jours au bureau. Les salariés en agences et en centre de données seront quant à eux en permanence à leur poste.

Plusieurs banques ont fixé leur nouvel horizon du retour au bureau à début septembre, après le traditionnel week-end de Labor Day (le 6 septembre) aux Etats-Unis. Wells Fargo prévoit ainsi, à partir de cette date, « un modèle de fonctionnement plus normal », sans toutefois le détailler encore. Le fonds Bridgewater prévoit une à deux journées au bureau, et Apollo pourrait travailler encore deux jours par semaine depuis la maison jusqu’en fin d’année.

« Environ 20 % de nos salariés peuvent revenir au bureau et environ la moitié le font effectivement en ce moment », explique Claudine Gallagher, directrice des ressources humaines CIB Americas à BNP Paribas. « Nous prévoyons un retour plus important au bureau à partir d’octobre, quand la vaccination aura été déployée largement et que les écoles auront rouvert en septembre. Mais il y aura encore de la flexibilité, les employés passeront environ la moitié du temps au bureau. »

Plus de diversité

JPMorgan, dont le PDG, Jamie Dimon, a fait part de ses craintes des effets du télétravail sur la productivité, promet aussi de la flexibilité, par métier et par zone. Comme Goldman Sachs, le numéro un du secteur devrait tout de même faire venir cet été ses stagiaires dans ses bureaux, pour qu’ils puissent être formés et directement en prise avec le métier.

L’année passée aura été à l’origine de plusieurs bouleversements pour les ressources humaines dans la finance américaine. Les manifestations contre le racisme ont poussé les banques à avancer sur la diversité. Citi vient de nommer une directrice de la diversité , de l’équité et de l’inclusion, en provenance directe de… Goldman Sachs. « Nous travaillons sur les questions de diversité depuis déjà plusieurs années, avec notamment des formations sur les biais inconscients et plus récemment une étude pour comparer notre démographie aux moyennes nationales », indique de son côté Claudine Gallagher, de BNP. « Nous finalisons en ce moment nos objectifs pour les deux à trois années à venir. Nous surveillons aussi de près le turn-over, notamment celui des femmes, qui ont subi une forte charge avec la crise ».

Des bonus 2020 en forte hausse malgré la crise

A New York, les banquiers de Wall Street n’ont pas vraiment souffert de la crise : le bonus 2020 moyen a progressé de 10 %, à 184.000 dollars, selon le rapport du contrôleur de l’Etat de New York, Thomas DiNapoli. Le « gâteau » des bonus distribués entre décembre et mars, et à partager, a lui-même progressé de 6,8 % l’an dernier, à 31,7 milliards de dollars. Cela va d’ailleurs permettre d’amortir largement l’impact de la crise sur les finances de la ville de New York et de l’Etat. L’industrie de Wall Street représente moins de 5 % de l’emploi privé à New York, mais 20 % des salaires, note le contrôleur. Le secteur a tout de même perdu 3.600 postes (-1,9 %) dans la ville, notamment à cause du télétravail.



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