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Finance

Wall Street réfléchit aux moyens de mieux surveiller les entreprises chinoises



Publié le 13 juil. 2020 à 15h18Mis à jour le 13 juil. 2020 à 16h35

Les tensions sino-américaines sont encore montées d’un cran. Cette fois, c’est sur le terrain de la Bourse que Pékin et Washington se font la guerre. Le Congrès américain étudie actuellement une loi qui exclurait de Wall Street les entreprises chinoises ne soumettant pas leurs comptes au bureau de supervision de la comptabilité des entreprises publiques (PCAOB), sur les trois dernières années.

Cette loi doit protéger les investisseurs américains des risques qui existent à investir dans une entreprise chinoise. Elle a été adoptée en mai, à l’unanimité, au Sénat , et elle est actuellement entre les mains des députés de la Chambre des Représentants.

La crainte d’un exode

C’est dans ce cadre qu’étaient organisées ces derniers jours des auditions. Plusieurs cadres de Wall Street ont été entendus, comme les patrons du NYSE et du Nasdaq ou encore le patron de Vanguard, l’un des fonds d’investissement américains qui a le plus d’intérêts en Chine. Ceux-ci ont exprimé leurs désaccords avec la loi. Selon eux, elle risque de faire partir les entreprises chinoises vers d’autres places, qui n’auront pas les mêmes contraintes. « Les entreprises déplaceront probablement leur cotation. Elles s’en iront de New York pour aller à Hong Kong », a ainsi confié Rodney Comegys, l’un des dirigeants de Vanguard.

« La législation est un outil brutal, a ajouté, pour sa part, le directeur juridique du Nasdaq, John Zecca. Le gouvernement a déjà à sa disposition des outils pour régler ce problème. »

Mais Wall Street est conscient du problème de confiance que la présence d’entreprises chinoises pourrait créer. L’affaire Luckin a montré que l’opacité qui entoure certaines sociétés chinoises pourrait avoir des répercussions fortes aux Etats-Unis. Après une enquête interne, la chaîne de cafés a dû reconnaître que de fausses transactions avaient gonflé son chiffre d’affaires de 300 millions de dollars l’an dernier. Sa capitalisation boursière s’est effondrée de 90 % depuis janvier.

Les entreprises chinoises marquées au fer rouge ?

Wall Street est donc prêt à faire quelques aménagements pour satisfaire les régulateurs. C’est ainsi que le directeur commercial du NYSE, John Tuttle, a proposé d’ajouter un indicateur à côté du « ticker » (identifiants en quelques lettres) des entreprises qui ne respecteraient pas les conditions américaines. Cela montrerait clairement aux investisseurs que ces sociétés sont plus risquées que d’autres.

La loi a aussi le soutien du président de la Securities and Exchanges Commission (SEC), Jay Clayton, pour qui la situation crée un danger pour les investisseurs américains. Lors des auditions au Congrès, d’autres idées ont été émises. Le fondateur du fonds Muddy Waters Capital, Carson Block , a ainsi proposé de rendre financièrement responsables les comptables américains qui travaillent avec ces sociétés chinoises. Une proposition qui a peu de chances d’être retenue.

L’audit des comptes par le PCAOB a été généralisé par le scandale Enron, au début des années 2000. Mais plus de 200 entreprises chinoises ont été autorisées à s’introduire en Bourse aux Etats-Unis sans se soumettre à cet audit, selon le PCAOB. Elles représenteraient une capitalisation boursière de 1.800 milliards de dollars, Alibaba comptant pour le tiers .



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