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Finance

Wirecard : Berlin rejette toute responsabilité



Publié le 22 avr. 2021 à 17:06Mis à jour le 22 avr. 2021 à 19:07

La commission d’enquête parlementaire , chargée de faire la lumière sur la faillite de la star déchue des paiements allemande Wirecard, a atteint son point d’orgue politique. Après le ministre chrétien-démocrate (CDU) de l’Economie, Peter Altmaier, et la ministre sociale-démocrate (SPD) de la Justice, Christina Lambrecht, mardi, puis le secrétaire d’Etat aux Finances, Jörg Kukies, mercredi, ce fut jeudi au tour du ministre des Finances, Olaf Scholz, de s’expliquer.

Attendue sur son rôle dans le développement de Wirecard en Chine, Angela Merkel fermera vendredi le bal de ces auditions sensibles pour la coalition gouvernementale à cinq mois des élections fédérales. Les élus espéraient en effet comprendre comment l’exécutif a pu laisser éclater un scandale qui a déjà coûté près de 22 milliards d’euros aux banques et investisseurs et ne cesse de rebondir.

Le rôle mystérieux de Nicolas Sarkozy

Les auditions des députés ont révélé en mars que Nicolas Sarkozy avait rencontré à plusieurs reprises le numéro deux de Wirecard, aujourd’hui en fuite, Jan Marsalek. L’ex-président de la République aurait notamment été l’invité d’honneur d’un dîner organisé en avril 2017 par une fondation munichoise. Une vingtaine de convives y auraient participé, dont l’ancien président de la CSU Edmund Stoiber et l’ex-chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, ainsi qu’un ancien conseil d’Angela Merkel. Selon le magazine « Focus », Jan Marsalek, qui s’intéressait comme Nicolas Sarkozy à la Libye, aurait financé le vin et porté à cette occasion un toast en faveur de l’ancien président français, avant que celui-ci intervienne sur le thème de la sécurité en Europe.

« GroKo Tennis »

Las ! Les ministres interrogés ont rejeté toute responsabilité, se renvoyant la balle. Le député d’extrême gauche Fabio De Masi a dénoncé jeudi un « GroKo Tennis », en référence à la grande coalition (GroKo) qu’ils forment sous l’égide de la chancelière tandis que l’élu Vert Danyal Bayaz a dénoncé une « irresponsabilité collective ». Au sein de la commission d’enquête, la tension est montée d’un cran entre les élus des deux partis.

Les sociaux-démocrates ont mis sur le gril le ministre de l’Economie, qui abrite le superviseur des auditeurs, tandis que les députés de l’Union CDU-CSU ont attaqué Olaf Scholz, responsable du gendarme financier BaFin . Candidat à la chancellerie pour le SPD, celui-ci a remis la balle au centre : « le gouvernement ne porte pas la responsabilité » de la faillite de Wirecard, a-t-il tranché.

Haro sur les auditeurs

« Le plus grand scandale financier allemand » tient au « niveau élevé d’activité criminelle » de Wirecard, a assuré Olaf Scholz de la voix monocorde qui lui vaut le surnom de « Scholzomat ». Il s’est dit d’autant plus « profondément détendu » qu’au scandale de la surveillance financière dénoncé par l’opposition, il oppose « une falsification de bilan » gigantesque qu’EY, auditeur du groupe pendant onze ans, n’a su identifier.

La commission d’enquête a d’ailleurs prolongé le mandat de son enquêteur spécial Martin Wambach, chargé d’éplucher les rapports du commissaire aux comptes. Son premier rapport sur EY présenté aux élus mardi n’a pas été rendu public mais, selon le député SPD Jens Zimmermann, il serait accablant.

Olaf Scholz défend sa réforme

La veille, Jörg Kukies avait préparé le terrain, démentant toute pression sur la BaFin ou relation privilégiée avec les dirigeants de Wirecard. « Il n’y avait pas d’intérêt particulier à défendre un soi-disant champion national », a-t-il assuré, rappelant l’indépendance de la BaFin au regard du droit européen.

Soupçonné d’avoir voulu sauver Wirecard, le secrétaire d’Etat a souligné qu’il s’agissait avant tout d’évaluer le risque que pouvait représenter la faillite du spécialiste des paiements alors même que Lufthansa était aussi sur la brèche.

Olaf Scholz a conclu qu’il s’agissait désormais de combler les insuffisances de la supervision. Ce à quoi il s’est employé en présentant en décembre dernier une loi pour muscler la BaFin et renforcer l’indépendance des auditeurs . Ce texte n’attend plus que le feu vert des députés qu’Olaf Scholz a, non sans ironie, appelé à se mobiliser.



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