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Finance

Wirecard : la pression ne cesse de croître sur le cabinet d’audit EY



Publié le 8 oct. 2020 à 6:13

La situation se complique de jour en jour pour EY (ex-Ernst & Young). Depuis l’affaire Wirecard, la plus grande fraude comptable en Allemagne depuis l’après-guerre , le cabinet d’audit est dans la tourmente. Pendant 10 ans, il a été chargé de vérifier les comptes et a fourni des audits sans réserve, et ce jusqu’en 2018. Il n’a jamais décelé la fraude.

Lanceur d’alerte

Fin septembre, le « Financial Times » a pourtant révélé qu’EY avait été averti, dès le mois de mai 2016, par un de ses employés, que des cadres supérieurs de la société de paiement allemande pourraient avoir commis des fraudes et que l’un d’entre eux avait même tenté de soudoyer un auditeur.

Selon le quotidien britannique, le lanceur d’alerte d’EY aurait adressé une lettre au siège allemand du cabinet d’audit à Stuttgart. La lettre n’abordait pas l’ensemble du système mondial de fraude de Wirecard. Elle était centrée sur l’un des quatre domaines litigieux qui ont fait l’objet d’un audit spécial de la part de KPMG fin 2019 : à savoir une série d’acquisitions en Inde que Wirecard avait clôturées début 2016. Le lanceur d’alerte aurait accusé les cadres supérieurs de Wirecard de gonfler artificiellement le bénéfice d’exploitation des entreprises achetées, dont le prix était lié à leur rentabilité.

Mi-septembre, événement inédit, EY a fait son mea culpa auprès de ses clients. Dans une lettre qu’il leur a adressée, il a présenté ses regrets de ne pas avoir décelé plus tôt la fraude. Et il a promis qu’à l’avenir, il allait renforcer la manière dont il vérifie les informations des clients. Et ce, grâce à une utilisation accrue de la technologie. Notamment, il prévoit de rendre obligatoire l’utilisation de l’analyse des données pour tester la fraude, et de recourir davantage à des données externes. Des mesures qui iraient au-delà des normes professionnelles.

Plusieurs plaintes

L’affaire Wirecard a déjà coûté cher à EY. Commerzbank et DWS ont mis fin au mandat d’auditeur qu’ils avaient confié à EY. Depuis la révélation de la fraude, le cabinet d’audit fait en outre l’objet de plusieurs plaintes (dont celle de l’association d’actionnaires allemands SdK) et les demandes de dommages et intérêts s’accumulent devant les tribunaux. Les détenteurs d’obligations, les banques et, à un moment donné, l’administrateur de l’insolvabilité Michael Jaffé, tenteront de récupérer auprès du géant de l’audit une partie des milliards perdus chez Wirecard.

Par ailleurs, EY a déjà d’autres affaires de fraude comptable à gérer . Le groupe fait l’objet de deux enquêtes de la part du régulateur comptable britannique, l’une pour NMC Health, l’autre pour Thomas Cook. En avril, le cabinet d’audit avait été condamné à payer 10,8 millions de dollars à Amjad Rihan, un auditeur qui avait dénoncé des méfaits dans une raffinerie d’or de Dubaï.



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