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Finance

Wirecard : la valeur des actifs ne dépassait pas 428 millions d’euros



Publié le 8 oct. 2020 à 6:39

Désigné administrateur de Wirecard après sa faillite retentissante en juin, Michael Jaffé est un habitué des cas extrêmes, de la faillite du magnat des médias Leo Kirch à la liquidation du groupe de logistique P&R et ses milliers de conteneurs qui n’existaient que sur le papier. L’avocat munichois aux rondeurs rassurantes a pourtant dû tomber de sa chaise en découvrant les dimensions du château de cartes que représentaient les affaires de la star déchue de la fintech allemande.

Selon son rapport, dévoilé par le « Financial Times », et que les députés allemands réclament dans le cadre de la commission d’enquête qui s’ouvre ce jeudi, la valeur réelle des actifs de Wirecard ne dépassait pas 428 millions d’euros. Un montant à rapporter aux 3,2 milliards de dettes accumulées au jour de la faillite, mais aussi à la capitalisation boursière du groupe, qui dépassait les 20 milliards en 2018.

A en croire le rapport de l’administrateur, l’ancienne étoile du DAX, partenaire en France d’Orange Bank et de Crédit Agricole, était en réalité quasiment une coquille vide.

Quelques unités opérationnelles

« Seules quelques unités du groupe étaient réellement impliquées dans la conduite d’activités opérationnelles orientées vers la clientèle et génératrices de revenus », écrit Michael Jaffé dans son rapport, selon le « Financial Times ». « Seule une fraction » des 6.300 employés étaient en fait tenus de gérer l’activité non frauduleuse de Wirecard.

Les employés du siège près de Munich ne savaient même pas ce que faisaient leurs collègues dispersés entre 55 filiales à travers quatre continents. Entre une gestion « totalement opaque » et chaotique, une infrastructure informatique obsolète et une inefficacité « colossale », le rapport de l’administrateur donne une image très lointaine de celle projetée par l’ancienne vedette de la fintech.

De la poudre aux yeux

« Pour l’essentiel, l’activité de Wirecard était de la pure poudre aux yeux », résume Alexandra Niessen-Ruenzi, titulaire de la chaire de gouvernance d’entreprise à l’université de Mannheim. Le problème étant que, comme dans tout nouveau business, « tout le monde voulait être en tête, y compris l’Allemagne, quitte à fermer les yeux sur les anomalies ».

Comme au premier temps des chemins de fer, les investisseurs naviguent à vu. « Il est très difficile de contrôler des transferts monétaires comme ceux que faisaient Wirecard. Le seul moyen de se protéger était de faire confiance aux auditeurs », note Garen Markarian, titulaire de la chaire de comptabilité financière à l’Otto Beisheim School of Management. Lui-même a perdu une partie de ses placements dans la faillite.



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