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Finance

Wirecard : le gendarme européen des marchés ouvre une enquête sur le régulateur allemand



Publié le 15 juil. 2020 à 17h08Mis à jour le 15 juil. 2020 à 17h40

C’est inédit : le «flic» européen des marchés (ESMA) a ouvert une enquête sur son homologue allemand. Son but : comprendre pourquoi les autorités de supervision outre-Rhin ont été incapables d’éviter le scandale Wirecard, la star déchue des paiements en ligne, en juin dernier.

L’ESMA (European Surpervisory Market Authority) a été saisie par la Commission européenne pour évaluer le travail de la BaFin . Cette dernière a-t-elle contrôlé sérieusement l’information délivrée par Wirecard ? Une fois achevée, soit fin octobre 2020, l’enquête dira s’il faut ou non réformer le système de supervision en Allemagne. 

«Nous venons de recevoir le rapport préliminaire de l’ESMA sur l’affaire Wirecard. Il s’agit d’une première étape utile. Ce rapport de l’ESMA met en évidence des faiblesses possibles, en ce qui concerne potentiellement le respect des règles de l’UE» a indiqué Valdis Dombrovskis, vice-président exécutif de la Commission européenne. 

Surveillance de l’information déléguée

L’Allemagne est l’un des rares pays en Europe où la surveillance de l’information financière est répartie  entre le régulateur des marchés et un organisme du secteur privé (FERP ou Financial Reporting Enforcement Panel). En France, par exemple, c’est la direction des émetteurs et des affaires comptables, donc un service interne à l’AMF (l’autorité des marchés financiers,) qui vérifie que l’information délivrée aux marchés est sincère et conforme aux règles qui s’appliquent. En l’occurrence, l’ESMA va regarder de près si les obligations de la directive européenne sur la transparence des sociétés cotées votée en 2004 ont bien été respectées. 

«Une information financière de haute qualité est essentielle à la confiance des investisseurs dans les marchés de capitaux et la faillite de Wirecard a sapé cette confiance. Il est donc nécessaire d’évaluer ces événements pour contribuer à rétablir la confiance des investisseurs», a indiqué le régulateur européen le 15 juillet.

Des faiblesses dans le modèle allemand

En 2017, déjà, l’ESMA, en voulant comparer les autorités de régulation nationales, avait constaté des différences notables dans le travail de supervision. Cela concernait les ressources allouées, mais aussi les moyens dont elles disposaient. Le rapport publié par l’ESMA trouvait des qualités au modèle allemand mais aussi des points d’amélioration : les procédures en place n’étaient pas assez coercitives, les membres du FREP manquaient parfois d’indépendance ou pouvaient être pris dans des conflits d’intérêts, les deux entités ne coopéraient pas suffisamment. 

Depuis l’effondrement de Wirecard, le ministère de la justice a annulé son contrat avec le FREP, tandis que le ministère des finances affirme que la BaFin a besoin de pouvoirs d’enquête similaires à ceux des procureurs. 

Joerg Kukies a rencontré deux fois le DG de Wirecard

Par ailleurs, pour la première fois publiquement, ce mercredi,  Joerg Kukies, vice-ministre allemand des finances a reconnu avoir rencontré le directeur général de Wirecard à l’époque, Markus Braun, deux fois à la fin de l’année dernière, plusieurs mois avant que l’entreprise ne s’effondre. Il a, toutefois, refusé de révéler le contenu des discussions.

Laurence Boisseau avec D.P.



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